Thèse de doctorat. L. Mumbunze appelle à cultiver l’esprit d’inventivité et de créativité.

Thèse de doctorat. L. Mumbunze appelle à cultiver l’esprit d’inventivité et de créativité.



( Université Catholique du Congo. Ludovic Nico Mumbunze lors de la défense de sa thèse qu’il a obtenu avec grande distinction).

La thèse de doctorat de Ludovic Nico Mumbunze qui porte sur les : « Conditions de possibilité d’une véritable autonomie des États africains. Réflexion à partir de Kant. » se veut une observation minutieuse et non partisane de la réalité du monde et donne inexorablement lieu à un constat d’évidence : la faiblesse de l’Afrique, mieux des États africains sur la quasi-totalité de domaines de la vie. Cette faiblesse est clairement perceptible à travers la fragilité de ses États, doublée d’une instabilité politique chronique, la forte dépendance et les déficits capacitaires de pays du continent noir, sans oublier la précarité économique qui est à l’origine de la grogne sociale et de l’insécurité humaine justifiant ainsi l’immigration excessive, parfois clandestine des Africains vers des ailleurs paradisiaques. Et ce, dans des conditions inacceptables. Sur divers aspects, les États africains n’ont d’autonomie que d’apparence. Les tares de la traite négrière, de la politique expansionniste ayant conduit au formatage de l’imaginaire collectif des Africains, à la négation et/ou l’auto-négation de l’homme noir, à l’autoflagellation et les velléités impérialistes de certaines puissances ont largement contribué à la dépendance de l’Afrique. C’est un truisme de le dire. Regarder froidement la réalité en face et se poser des questions sur le retard que l’homme noir accuse dans tous les secteurs d’activité, c’est aussi philosopher. Mais il est plus important de reconnaître que la stagnation de ce continent, berceau de l’humanité, est en grande partie liée à la lâcheté, à la paresse, à l’extraversion et à l’attentisme de ses citoyens. Pour une véritable autonomie de leurs États, il s’avère nécessaire que les Africains prennent conscience de leur responsabilité personnelle. En d’autres termes, qu’ils aient le courage d’user raisonnablement de leur propre entendement en cultivant l’esprit d’inventivité et de créativité sans attendre être dirigés par l’extérieur ou que d’autres fassent le travail à leur place. Une telle interrogation est capitale, toute interrogation constituant la prise de conscience d’une situation et, partant, le début de la recherche d’une solution. C’est à cette audace de penser par eux-mêmes, de définir eux-mêmes leurs propres modèles de développement et de gouvernance qui ne soient pas des reproductions pures et simples des théories toutes faites conçues ailleurs que le professeur Ludovic Mumbunze nous invite, partant du sapere aude kantien. Il s’agit de réveiller dans l’Africain le goût de l’initiative historique, de la pensée rationnelle et émancipatrice. A l’image de la nature immuable de cette région, l’homme, dans toutes ses entreprises, semble faire du sur-place. Partant de ce constat, Ludovic Nico Mumbunze, ancien du Petit Séminaire Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus à Laba, nous livre sa réflexion sur le devenir de l’Afrique noire. Cette passion de réfléchir à haute voix le pousse à entreprendre des études de philosophie aux Facultés Catholiques de Kinshasa, dans la faculté de Philosophie où il obtient une agrégation de l’Enseignement secondaire du degré supérieur. Diplômé d’Études Approfondies (DEA) en philosophie et doctorant à l’Université Catholique du Congo, il élargit son champ de recherche couvrant ainsi la philosophie politique, juridique et sociale, la philosophie fondamentale, l’anthropologie et l’épistémologie. Sachant que le changement s’impose au regard de grands bouleversements, des révolutions des systèmes politiques et des théories économiques en vigueur, il appelle à adapter la réflexion aux réalités mouvantes. Ludovic Nico Mumbunze va s’intéresser également à la géopolitique, à la stratégie, à la sécurité et à la défense. Ancien Assistant du Commandant adjoint au Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD) de Kinshasa, il s’occupe présentement des recherches stratégiques au sein de la même institution. Le monde est en crise. Et cette crise doit être considérée comme un indice de transformations particulièrement violentes, dans une sorte de cassure épistémologique d’une accumulation de changements, de déstabilisation. Dans ce Congo, dans cette Afrique où les inégalités, les violences sociales et politiques, la paupérisation et les déplacements de populations se multiplient, Ludovic Mumbunze invite à réfléchir. En bon philosophe, il connaît le bien fondé de la réflexion sur les valeurs et l’actualisation de ces valeurs pour y trouver une sorte d’accomplissement de l’homme. Voilà pourquoi il invite ses concitoyens à la réflexion. Il est auteur de L’humanisme politique chez Kant aux Éditions Universitaires Européennes en 2014 (192 p.) et de quelques articles scientifiques. Ludovic Nico Mumbunze a mené ses recherches doctorales à la Rheinische Friedrich-Wilhelms-Universität Bonn (Université Rhénane Frédéric Guillaume de Bonn) en Allemagne sous l’encadrement du Professeur Christoph Horn et à l’Institut Catholique de Paris en France sous l’encadrement du Professeur Jean-François Petit. Il a obtenu la mention grande distinction du jury.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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