Ruwenzori/Beni. L’armée dénonce le discours de haine de certains notables.

Ruwenzori/Beni. L’armée dénonce le discours de haine de certains notables.

(Madina. Les FARDC saisissent des armes des ADF/MTM. Archives Les Coulisses)

Deux soldats FARDC ont été sauvagement tués par la « population » à Bulongo et Mutwanga lors d’une patrouille. Ils étaient dans une patrouille de 6 soldats lorsqu’ils ont été pourchassés par la « population », renseigne une source fiable. Dans leur fuite, ceux de Bulongo évitant de se servir de leurs armes pour la légitime défense, un d’entre eux a été tué. Par un communiqué signé le général-major Richard Kasonga, le Service de communication de L’État-major général des FARDC met en garde « certains acteurs politiques déjà bien connus (…) pour leurs discours séditieux » et leur demande de « s’abstenir de tout discours de la haine et d’incitation des populations à s’attaquer aux FARDC et à la MONUSCO. »

Le secteur de Ruwenzori vit, depuis le mois de décembre 2020, un climat d’insécurité ponctué par des affrontements ayant abouti à des incendies des maisons et boutiques, enlèvement et tueries des populations (cas des villages de Nzenga/Kasusu) et des attaques de positions militaires. Dans les mêmes circonstances de temps, on observe des discours incendiaires contre les FARDC et la MONUSCO qui rappellent les années 2014 et 2016 où sur la toile, certaines personnes prenaient un malin plaisir à vilipender les FARDC et à adopter la posture de l’ennemi jusqu’à nier même son existence. Ce discours repris aujourd’hui avec force montre que ceux qui soufflent le chaud et le froid ont perdu espoir d’avoir des postes dans la mosaïque « Union sacrée de la nation ». Les attaques injustifiées contre les positions FARDC à Mutwanga et Bulongo, loin de les décourager, doivent au contraire les pousser à entrer à l’école de l’ennemi et à s’ inscrire dans la logique de cet ennemi à plusieurs visages afin de répliquer tactiquement, voire anticiper ses actions.

Les FARDC demandent à la justice de se saisir des acteurs bien identifiés qui incitent la population à s’attaquer aux symboles de l’État qu’ils représentent et défendent. C’est là que les renseignements doivent anticiper autant que possible les manœuvres de l’intox de l’ennemi. Car, pour vaincre l’ennemi, il faut bien le connaître. Bien le connaître ne signifie rien d’autre que connaître toutes ses facettes, ses béquilles à l’interne, ses réseaux dormants et mobilisateurs afin de les neutraliser. D’autre part, on ne peut que constater le silence gênant des leaders originaires du Ruwenzori/Beni à condamner les attaques contre les forces loyalistes (à part le gouverneur Carly Nzanzu Kasivita) et à appeler la population à soutenir les FARDC. Ce silence signifie qu’il y a d’autres groupes armés préférés aux FARDC qu’il serait imprudent de leur part de prendre position au risque de se trahir. D’où la question : « Lorsque les maï-maï (appellation bien contrôlée) s’emparent et/ou entourent la résidence du Chef de secteur à Mutwanga, ils le font sur ordre de qui ? Et pour remplacer le chef par qui ? ». C’est vraiment l’arbre qui cache la forêt ! Pour rappel, le prédécesseur du successeur actuel à ce poste avait été prévenu lors de la remise-reprise en des termes clairs : « Cher frère, la chaise que vous allez occuper est pleine d’épines. Il faut avoir une bonne culotte sinon vous laisserez la peau de vos deux fesses. » La meilleure école de la guerre reste celle de l’ennemi, a écrit Jean-Vincent Holeindre. Les FARDC doivent adapter leur stratégie en rapport avec celle de l’ennemi qui agit à multiples visages. Et appliquer le principe de l’autocorrection en stratégie de conquête. L’ennemi est bien connu avec ses béquilles, à l’intérieur comme à l’extérieur. Avec ses méthodes d’embuscades, de contournement de position FARDC et de camouflage, de ruse et dissimilation, de l’intoxication et de diabolisation des FARDC. Avec ses propagandistes qui nient l’existence des terroristes islamistes MTM depuis le 24 octobre 2014 et attribuent les tueries de la population civile aux FARDC. Or, quelques esprits honnêtes le reconnaissent : « Nous avons vécu avec les ADF et ils se sont entraînés avec nous. Ils ne nous tuaient pas. » Ce qu’on appelle la « théorie des abeilles ». Ils sont bien avec la population qui profite de leur miel tant que vous ne les avez pas provoqués. Ils n’attaquent que quand ils sont dérangés. Les FARDC sont venues les provoquer. Ce qui énerve tous ceux qui profitaient du miel des ADF et qui en manquent déjà. Sauf qu’ils ne sont pas chez eux. Et donc, il faut à tout prix les déloger et les neutraliser.

La Rédaction

Les Coulisses

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