RDC/Sukola I. 6è Cmd, Bertin Mputela succède à P. Chirimwami

RDC/Sukola I. 6è Cmd, Bertin Mputela succède à P. Chirimwami

(Beni. Gén. Fall Sikabwe entouré des généraux Chirimwami (g) et Mputela (d).

Beni. Mardi 1er juin 2021, passage d’étendard entre le général Peter Chirimwami et le général Bertin Mputela sous la supervision du Lt-général Fall Sikabwe, commandant Force terrestre des FARDC. Le nouveau commandant est le 6ème depuis le lancement des opérations Sukola I en janvier 2014. Pour quels objectifs affichés ? La question paraît insensée mais elle vaut son pesant d’or. Au-delà des satisfactions de bilans mitigés des uns et de promesses des autres, des tueries qui continuent à endeuiller la population et les forces loyalistes, il faut aller à l’essentiel. Et l’essentiel sinon le primordial reste la fin des tueries qui doit coïncider avec la neutralisation de l’ennemi. Il n’est plus question de chercher à identifier l’ennemi ( il est connu) mais à le neutraliser avec toutes ses béquilles, tous ses réseaux (dormants) internes et externes. Autrement, on fera du surplace. Et le surplace consiste à perdre des bastions jadis récupérés et à chercher à les récupérer à nouveau dans un cercle vicieux. La victoire sur l’ennemi se concrétise par la destruction de tout son arsenal militaire, mieux la prise de ses différents dépôts en armement. Par sa reddition et par l’occupation de tout l’espace qui lui servait de bastion, de repli et de sanctuaire. Le 6ème commandant de Sukola I n’aura pas d’excuses. Car, il est supposé avoir été bien préparé, qu’il a échangé avec ses prédécesseurs dont le général Fall Sikabwe qui avait commandé pendant près de 5 ans les opérations en Ituri et au Nord-Kivu et par le général Peter Chirimwami, ancien T2 sous le général Lucien Bauma et commandant sortant. C’est supposé qu’il connaît le mode opératoire de l’ennemi ou qu’il a été instruit sur le mode opératoire de l’ennemi et qu’il sait ce que signifie la guerre asymétrique doublée d’une guerre hybride.

Le même ennemi depuis Bauma et Mundos

( Beni. Ce ne sont pas des jihadistes MTM mais des chrétiens colporteurs et monteurs de vidéos contre les FARDC comparaissant devant la Cour militaire avant de prendre la fuite pour l’Ouganda. Archives Les Coulisses ).

L’évolution des opérations Sukola I a mis à nu l’identité de l’ennemi. Il s’agit des islamistes MTM soutenus par les milices locales du Grand Nord. La force de l’ennemi est garantie par une bonne dose d’intoxication, de désinformation et de manipulation de l’opinion. La preuve nous a encore été donnée le 30 mai par la CRDH qui, dans un montage éhonté dont elle seule a l’expertise depuis le début des opérations Sukola I, titrait : « Incursion des ADF à Kanyatsi dans le territoire de Beni, l’armée prise à flagrance » appuyé par un audio. Le patron de la CRDH revenait le lendemain sans se soucier de ce qu’il avait déversé la veille en déclarant qu’il soutenait totalement le nouveau commandant. La société civile aussi, dans le même élan du désordre et de la confusion, dit soutenir le nouveau commandant. De qui se moque-t-on ? A quoi le nouveau commandant est-il différent des autres qui l’ont précédé ? La venue du nouveau commandant mettra-elle fin à la pratique de montage des images contre les FARDC ? Bien avant la CRDH, un parti politique appelait le général gouverneur à quitter Goma pour s’installer à Beni au même moment l’on observait l’accroissement des tueries : « Il n’a pas été nommé pour le volcan. Qu’il quitte le confort de Goma et vienne ici où l’on tue. » Ces appels -là participent à l’entreprise d’intox et sont des larmes de crocodile.

Depuis le général Lucien Bauma, les commandants FARDC se sont confrontés à un sérieux problème d’infiltration et de manipulation de l’information à travers des « guides » que des notables leur recommandaient. De « fausses » alertes d’une présence ennemie ont servi à désorienter les opérations. Ces « fausses » alertes finissent dans les réseaux sociaux. La bataille du renseignement est rude pour les FARDC. Elle se nourrit d’une mauvaise foi manifeste de ceux qui ont trouvé du business dans cette guerre. Le renseignement sert aussi à anticiper les manœuvres d’intoxication de l’ennemi, à éviter des embuscades (le général Chirimwani en a eu 15 en 10 mois).

Éviter la distraction et la complaisance

La guerre encore moins contre les jihadistes MTM n’est pas une soirée dansante. Elle exige de la discipline et de l’entraînement des troupes chaque jour. Nous ne devrions plus entendre des justifications immatures comme celles : « L’ennemi a tué la population par la ruse. » Cette guerre dans son asymétrie se base sur la ruse. Et la ruse est bien inhérente à la pratique de la guerre : « La plus grande gloire d’un capitaine est celle qu’il acquiert sur son ennemi par la ruse. » Les jihadistes étudient et appliquent la ruse (qui appartient à Allah ) à travers la Taqiyya et le Muruna. L’ennemi utilise le plus souvent dans sa ruse les « opérations de déception » contournant les FARDC et aboutissant aux massacres des villages entiers non loin des positions FARDC et/ou FIB. Intoxication et renseignement vont de pair. Les capturés en sont une mine. Le général Bertin Mputela s’est exprimé : « Le chien aboie, j’arrête la caravane et j’écrase le chien. » En étant concentré sur les objectifs que la nation a assignés, le nouveau commandant écrasera effectivement tous ces chiens qui aboient, évitera les attaques par surprises, mystifiera sa stratégie. Car, tout général qui n’est pas rusé est un pauvre général. Et portera une attention toute particulière à la communication. Il pourra alors être le dernier dans cette entreprise contre les jihadistes MTM. Ce qui est le souhait du Chef de l’État mais également de tout vrai patriote.

Pour rappel, 6ème commandant, le général Bertin Mputela succède aux généraux commandants Sukola I : Bauma-Mundos (janvier août 2014), Muhindo Mundos (septembre 2014 juin 2015), Marcel Mbangu (juin 2015-octobre 2019), Jacques Nduru Achaligonza (octobre 2019- juin 2020), Peter Chirimwami ( août 2020- mai 2021) et Bertin Mputela (juin 2021- ). En réalité, les opérations Sukola I ont connu la participation (in)directe sur le terrain d’une vingtaine de généraux. En vérité, en vérité, je vous le dis : « Quiconque donne totalement sa confiance aux notables du Grand Nord et à la MONUSCO ne gagnera pas cette guerre. Il devra s’attendre à être relevé après un temps.»

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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