RDC. Rapport N-U (S/2021/560) vraiment superficiel. Aucune révélation.

RDC. Rapport N-U (S/2021/560) vraiment superficiel. Aucune révélation.

Le récent Rapport 2528 du groupe d’experts des Nations-unies pour la RDC publié le 10 juin 2021 (S/2021/560) est superficiel et sans révélation. Il donne l’impression que ses auteurs n’ont fourni aucun effort dans leur travail. Cela doit interpeller l’élite congolaise. Car, s’il n’y a rien de plus à écrire sur la RDC, on doit arrêter de ridiculiser tout un pays, tout un peuple. A ceux de nos lecteurs qui ont tenu à avoir notre point de vue sur ledit rapport et à ceux-là qui sont nés avec l’injure dans la bouche pour se moquer de nos investigations, nous décortiquons trois faits relevés concernant le Grand Nord, à savoir la relation/filiation ADF-État islamique en Irak et Syrie Levant, le dossier des munitions saisies au camp général Chicko et le dossier cacao. Nous abordons d’abord les deux dossiers les plus simples et faciles à expliquer et nous reviendrons sur la nébuleuse ADF/MTM.

1. Affaire des munitions saisies au camp général Chicko

L’annonce des caissettes de munitions saisies a été faite par les FARDC eux-mêmes. Aussitôt, le journal Les Coulisses a publié les faits jusque dans les moindres détails comme déroulés incriminant le lieutenant- colonel Zima Musiki (Chef S4 3è Brigade commando Réaction rapide) et deux conservateurs de l’Institut congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN). Après investigation et avoir interrogé différentes sources au sein des FARDC et de la hiérarchie de l’ICCN, le journal Les Coulisses est revenu sur les faits et a publié un article où il précisait que « les munitions étaient destinées pour le parc de la Garamba et non à des fins subversives » et il poursuivait en ces termes : « Il y a eu défaillance au niveau de l’évacuation et du partage de la prime entre les militaires ». L’on sait comment ceux qui sont nés avec l’injure à la bouche ont réagi. Nous avons tenté d’expliquer même à la MONUSCO, mais comme tous sont à la recherche des cibles au sein de l’armée loyaliste, personne n’a pris au sérieux notre conclusion. Sous le titre de « Trafic de munitions par des membres des Forces armées de la République démocratique du Congo et de l’Institut congolais pour la conservation de la nature dans le territoire de Beni », le groupe d’experts des Nations-unies écrit : « Le Groupe d’experts a confirmé des saisies en 2021 de 83 boîtes de munitions et d’un sac contenant diverses munitions pour armes automatiques PKM et fusils d’assaut de type AK, qui avaient fait l’objet d’un trafic entre certains membres des FARDC et des écogardes de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) du Parc national de la Garamba. Les munitions ont été saisies par la justice militaire congolaise, qui a arrêté cinq officiers et trois soldats des FARDC, quatre écogardes de l’ICCN et un civil, pour vente et trafic de munitions de guerre. » Le groupe d’experts conclut : « Le Groupe d’experts n’a cependant pas pu confirmer les allégations selon lesquelles des écogardes de l’ICCN avaient fourni des armes et des munitions aux ADF, ne disposant pas d’élément démontrant que des individus des FARDC ou de l’ICCN impliqués dans cette affaire de trafic avaient des liens avec les ADF ».

En quoi ceci consiste-il une avancée dans la recherche de la paix pour notre pays ? Quelle différence entre ce que le journaliste Nicaise Kibel’Bel Oka avait écrit et la conclusion des experts ? D’ailleurs, Nicaise Kibel’Bel Oka était plus explicite que nos experts. Faut-il quitter New York pour venir écrire ce que tout le monde savait déjà ? C’est cela le ridicule qui est en même temps une offense à l’élite de notre pays. Surtout quand des jeunes gens passent leur temps sur des réseaux sociaux à injurier ceux qui savent et qui ont la maîtrise de la contrée.

2. Récolte et commerce de cacao par les FARDC

Le dossier du cacao ne doit pas être pris à la légère. Au mois de juin 2020, le journaliste Nicaise Kibel’Bel Oka alertait sur l’accroissement des tueries pendant la saison de la récolte du cacao (septembre à décembre). Il fit savoir à la hiérarchie de l’armée loyaliste de tirer les oreilles des militaires sur d’éventuelles sollicitations pour le transport, l’achat et la vente du cacao de peur qu’on mette les tueries sur le compte des FARDC. En janvier 2021, sous le titre «  24 véhicules remorques bloqués à la frontière de Kasindi », Nicaise Kibel’Bel Oka soulevait une interrogation : « Comment expliquer que les paysans en fuite, le cacao est non seulement récolté mais surtout vendu et exporté ? » On connaît la suite. La société anglo-américaine ESCO-Kivu, à travers Paluku Mutumo Jacques, porta plainte contre le journaliste à l’Auditorat militaire supérieur à Goma pour incitation à la haine raciale, diffamation et incitation des militaires à commettre des crimes. Le journaliste Kibel’Bel Oka fut entendu sur PV le 9 février 2021 pendant 4 heures. Personne ne vint à son secours pour dénoncer le fait qu’un civil soit entendu au parquet militaire, même pas Journaliste en danger (JED). L’affaire fut grand bruit au point qu’ un groupe de pression de Beni « Véranda Mutsanga » en profita pour exiger le départ d’ESCO-Kivu. Vite, la Fédération des entreprise du Congo/Beni et la CRDH accusèrent le journaliste Kibel’Bel Oka d’être contre la population de Beni et de chercher à l’empêcher de jouir de son cacao. Voici ce que décrit le groupe d’experts : « Le Groupe d’experts s’est entretenu avec 31 exploitants de cacao des zones de Beni et de Rwenzori qui n’avaient pas cultivé leurs champs de cacao en 2020 et au début de 2021, de crainte d’attaques armées de la part des ADF, des Maï-Maï, d’assaillants armés non identifiés et de membres des FARDC (…) Seize cultivateurs ont déclaré que la majorité de leur cacao avait été récoltée par des membres des FARDC ou des jeunes non identifiés en tenue militaire ou en civil. Le Groupe d’experts a confirmé les déclarations de 11 témoins oculaires selon lesquels certains soldats commando des FARDC sous la direction du Major John Zero-Zero du 312e bataillon de commandos, alias Major Tipi Zero-Zero , ont récolté du cacao en 2020 et en 2021 dans des champs abandonnés autour de Halungupa, Bulongo et Mutwanga, aidés parfois de civils… »

Qu’est-ce que le groupe d’experts a apporté de nouveau que le journaliste n’avait pas écrit ? N’est-ce pas de la paresse sinon de la superficialité pour des gens bien financés venant de New-York avec mission d’aider à trouver des solutions au problème récurrent de violence et d’insécurité dans cette partie du pays ? Dans ce dossier du cacao de Beni, un vrai compatriote devrait se poser 3 questions sur le cacao de Beni. 1. Qui finance les FARDC, les maï-maï et autres qui achètent le cacao de Beni ? 2. Le cacao étant un produit agricole d’exportation, comment arrive-t-il à sortir du Congo et pour quelle destination ? 3. Au regard des statistiques des attaques, quel impact a le cacao sur l’insécurité dans Beni/Ruwenzori et qui en profiterait ?

Comment on peut se dire « sérieux » sans se poser toutes ces questions ? Comment nos experts n’ont même pas fait allusion à ESCO-Kivu dont les comptes bancaires à la Rawbank et à la BCDC/Equity bank sont à ce jour bloqués pour blanchiment d’argent et financement du terrorisme et à son homonyme et sœur ESCO-Uganda ?

Si l’élite congolaise des universités et autres abandonne le domaine de l’investigation aux « experts et/ou chercheurs spécialistes » de la RDC sans une analyse critique de ce qu’ils écrivent, alors le processus de la balkanisation du pays ne saurait être stoppé. Il est clair que la cible visée dans tous les rapports des experts, de manière à affaiblir notre pays, reste les officiers des Forces armées de la RDC (FARDC). Mais qui comprendra cela ? Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira. Mon peuple périt par ignorance. Qui dit mieux !

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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