RDC. Inviter F. Tshisekedi à s’installer à Beni est un piège pour exiger son départ !

RDC. Inviter F. Tshisekedi à s’installer à Beni est un piège pour exiger son départ !

Beni. Lundi 19 mars 2021. Des élèves de l’enseignement secondaire assis à même le sol devant la mairie réclamant la présence du Chef de l’État pour reprendre les cours. Ces jeunes s’associent à l’offensive des femmes de SOFEPADI et DYFEGOU qui ont été reçues, sur un bulletin de santé des « Survivants » des massacres, à deux reprises par le Chef de l’État en l’espace de quelques jours à Kinshasa. C’est montrer de l’importance que Félix-Antoine Tshisekedi accorde à la paix dans cette partie du pays et donc à la fin des tueries des populations civiles. Mais la seule (bonne) volonté du Chef de l’État suffit-elle à mettre fin à l’activisme des groupes armés dans le Nord-Kivu et à y ramener la paix ? Doit-on regretter qu’on distrait le Chef de l’État dans une affaire si complexe qui risque de lui coûter son mandat ? Sans chercher à être des prophètes de malheur, des questions se posent. Première question : Que représente cette délégation par rapport à la situation de l’insécurité et de la désobéissance civile dans le Grand Nord ? Il y a lieu de souligner qu’il n’y a aucune nouveauté dans le discours qu’on fait entendre au Chef de l’État. On ne fait pas la guerre avec les larmes. La situation actuelle dans le Grand Nord ? C’est celle de l’ingouvernabilité due à la paralysie des activités par des groupes de (pression) qui utilisent déjà des cocktails Molotov. Pourquoi ne pas commencer par expliquer à « nos » enfants qui s’y engagent le processus pour faire partir la MONUSCO et à arrêter toutes leurs activités qui cachent mal la violence ? Il faut dire que si la MONUSCO tient encore, c’est grâce à la PNC et aux FARDC qui lui servent de rempart et qui ont montré leur capacité à protéger leurs installations. Les FARDC ont, d’ailleurs, reçu les félicitations et le respect de la RSSG Bintou Keita pour cela.

De deux, dans ce jeu de chat et de la souris, l’on s’en souvient, les groupes de pression exigeaient la présence de la RSSG Bintou Keita qui s’était effectivement déplacée jusqu’à Beni sans être écoutée. Trois, quelle garantie donne-t-on au Chef de l’État qu’une fois installé à Beni, comme par une baguette magique, les tueries vont cesser tout comme les manifestations ? Toutes ces personnes, de bonne ou de mauvaise volonté, veulent entraîner le Chef de l’État à agir en solitaire dans la problématique de l’insécurité dans le Grand Nord. Et donc, clairement à lui tendre le piège qui aboutirait à le décrédibiliser davantage. F.A.-Tshisekedi est entouré des officiers généraux qui ont fait et la guerre de Beni et le renseignement militaire sur les ADF/MTM.

Grand Nord, un terrain glissant pour Kinshasa

La stratégie est connue depuis le régime Kabila : diaboliser le commandement au front pour faire venir le Commandant suprême sur le terrain. Une fois sur terrain, des attaques sont lancées contre les positions civiles au moment où le Président de la république séjourne sur place. A la fin, on crie à la démission du Chef de l’État. On l’a fait avec Joseph Kabila. On l’a fait avec le gouverneur Julien Paluku Kahongya. Et la stratégie paie. La confusion est délibérément entretenue sur le terrain où les milices se le disputent avec les groupes de pression. Félix-Antoine Tshisekedi peut-il ramener la paix sans la participation des FARDC ? Peut-il réussir sans la collaboration de la population ? Ce qui se passe actuellement suit la même stratégie expérimentée sous Joseph Kabila, celle de faire voir au Commandant suprême que l’État-major général affame les troupes au front et que les FARDC ne veulent pas se battre. Pour enfin conclure : Il n’y a pas de mauvaises troupes mais de mauvais chef. Personne ne fait allusion à l’action nuisible des groupes armés locaux et surtout à quels maîtres ils obéissent ou encore de qui ils reçoivent soutien et logistique. Kinshasa est dans l’embrouille, poussé à chercher le sexe des anges en doutant de tous les rapports des services attitrés.

De l’identité de l’ennemi : MTM et ses béquilles !

Nous osons croire que les femmes reçues sous le label des « Survivants » des massacres ( ça sonne comme Survivants du génocide rwandais) ont donné la vraie identité des tueurs de la population civile au Chef de l’État ; identité différente de celle que nous connaissons, à savoir les jihadistes ADF/MTM et leurs béquilles autrement, ça aurait été une perte de temps. La difficulté qui existe dans la problématique de l’insécurité dans le Grand Nord réside en ce que la majorité des originaires attribuent tout à l’armée et rejettent leur part de responsabilité y compris dans l’appui aux maï-maï. Il semble que même le nouveau ministre de la Défense aurait déclaré sur radio Okapi qu’on doit d’abord identifier l’ennemi. Inimaginable !

Dans une guerre asymétrique doublée de la dimension hybride, sauf à se tromper d’époque, le poisson est dans l’eau comme l’insurgé vit dans la population. Tant que les leaders joueront au pompier pyromane, aucune solution fut-elle militaire ne sera trouvée. Sauf à souffrir de cécité (politique), on ne peut pas douter des renseignements que détiennent nos services après le partage des informations avec nos voisins sur l’identité de l’ennemi et croire que les pleurs suffisent à mettre fin au danger de la balkanisation qui menace la nation à partir de l’est du pays.

Pour ceux qui ont l’expérience, dans le processus de la grossesse, c’est qu’on craint, ce n’est pas l’accouchement mais l’avortement. Il n’y a pas de raccourci à prendre pour cela. Et donc, faire croire au Chef de l’État qu’il mettra fin aux tueries s’il venait s’installer à Beni relève du déni de la réalité et enlève la confiance du Chef de l’État doit à l’égard de ses collaborateurs, fussent-ils FARDC. N’étant pas magicien, seul il ne peut rien mais avec l’appui de tous, l’espoir est permis.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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