RDC/FARDC. »ADF/MTM : résilience et empathie ». Kibel’Bel Oka face aux auditeurs de l’École de guerre de Kinshasa.

RDC/FARDC. »ADF/MTM : résilience et empathie ». Kibel’Bel Oka face aux auditeurs de l’École de guerre de Kinshasa.

( Photo de famille dans le jardin de Cap Kivu Hôtel après la conférence. Nicaise Kibel’Bel Oka juste à gauche du Général-Commandant de l’EGK).

Goma. Samedi 26 juin 2021. Salle de conférence de Cap Kivu Hôtel. : « Phénomène ADF/MTM et sa résilience face aux opérations militaires », c’est le thème de la conférence didactique animée par le journaliste d’investigation Nicaise Kibel’Bel Oka à Goma à l’attention des 22 auditeurs de l’École de Guerre de Kinshasa. Et ce, sur sollicitation expresse du Commandant de l’École de Guerre de Kinshasa (EGK), le général de Brigade Godefroid Muland Nawej. Le conférencier a axé sa communication sur 6 points tournant autour de 4 éléments fondamentaux dominants dans une guerre, à savoir Population (comme centre de gravite et enjeux de la guerre selon la formule consacrée : l’insurgé est dans la population comme le poisson dans l’eau ), Forces de sécurité et défense (comme rempart de la nation contre les convoitises et la déstabilisation), Renseignements, base de toute action militaire ( avec son corollaire des espions, agents double, infiltrés, traîtres ) et Terrorisme (dans ce qu’il a de pire : les attaques ciblées contre la population). Abordant le point sur la résilience des jihadistes de Madina at Tauheed Wal Muwahedeen (MTM) face aux opérations militaires Sukola I, Nicaise Kibel’Bel Oka a d’abord présenté brièvement les origines Tabliq (Indo-pakistanaises) de fameux ADF avec leur évolution jusqu’à devenir avec al Sunnah du Mozambique l’épicentre de la Province Afrique centrale de l’État islamique (IS-CAP). Il a ensuite mis en exergue leur stratégie fondée sur la ruse, la perfidie, le cloisonnement, les réseaux proactifs et dormants ainsi que leur mobilité dans les attaques en petits groupes revenant également sur la nature même de la guerre asymétrique qu’ils imposent à la nation congolaise comme mode d’action reposant sur la foi en Allah et sur le martyr comme récompense du paradis. Se faisant, les Forces armées de la RDC (FARDC) doivent réadapter à tout moment leur stratégie face à un ennemi, imprévisible dans ses apparitions, qui refuse les combats au corps à corps frappant à l’aveuglette les populations civiles. Par surprise. Et cela, grâce aussi à la même résilience et à l’empathie. La résilience comprise comme une forme de résistance au choc, aux échecs avec le moral d’un parachutiste de ne jamais céder à la peur du saut vers l’inconnu. L’empathie comprise comme la connaissance de l’autre et l’adaptation à cet autre, soit-il notre ennemi. Les FARDC doivent tout mettre en œuvre pour connaître les jihadistes MTM. Faisant face à toutes sortes de démoralisation, de désinformation et d’intoxication notamment avec des rapports de certains experts des Nations-unies, des spécialistes autoproclamés de la RDC, les réseaux sociaux et des sites spécialisés en diabolisation. Dans ce genre de guerre, comme on le dit, l’arme n’a pas d’yeux. Elle sert à des soldats peureux. Il faut bien s’adapter à la stratégie de l’autre et chercher à le dépasser. Car et après tout, la stratégie est une science de l’autre, une science d’adaptation à l’autre. Didactique, la conférence a été outillée des photos et images projetées et commentées pour une meilleure appréhension d’un terrorisme qui se passe à l’intérieur de notre pays. S’en sont suivis, dans le respect des procédures militaires, un résumé de la leçon par un des auditeurs désignés et des questions et réponses sous la modération du professeur ordinaire Pascal Kapagama, responsable de la cellule de la Coopération et des Relations internationales de l’Université de Kinshasa. La fin de la conférence didactique a été pleine d’émotions et passionnante. Après des messages de remerciement des auditeurs, qui sont la nouvelle génération des Planificateurs de la guerre, à Nicaise Kibel’Bel Oka pour sa brillante contribution à cette sorte de renforcement de leur savoir et à la connaissance de certaines réalités de la complexité d’une guerre comme celle que mènent les FARDC dans le Ruwenzori et comme l’a souligné le Commandant de l’EGK « une guerre qui fait des victimes parmi nos militaires et nos concitoyens, qui engloutit du matériel militaire et le budget de l’État », le journaliste Nicaise Kibel’Bel Oka a tenu à placer un mot. Il a remercié le général Godefroid Muland Nawej, Commandant de l’EGK, d’avoir pensé à sa modeste personne et, à titre de cette reconnaissance, il lui a remis trois de ses publications sur la nébuleuse ADF/MTM et la guerre asymétrique. Sous les acclamations nourries des auditeurs et leurs encadreurs. Le général Godefroid Muland Nawej, Commandant de l’EGK a eu des mots justes et réconfortants : « Vous avez donné certains outils nécessaires pour les futurs planificateurs à intégrer dans leur formation. Nous sommes fiers de votre prestation. » Pour lier la parole à l’acte, il a remis le symbole de l’École de Guerre de Kinshasa, un drapelet et une casquette à Nicaise Kibel’Bel Oka. Puis, dans la même ambiance, le général Godefroid Muland Nawej a acheté des ouvrages pour la bibliothèque de l’EGK.

Pour rappel, les auditeurs de l’École de Guerre de Kinshasa sont en tournée pédagogique dans le Nord et le Sud-Kivu pour palper du doigt et de visu certaines réalités théoriques apprises dans différentes domaines. Ils ont, tour à tour, visité la grande barrière séparant Gisenyi (Rwanda) à Goma (RDC), l’Observatoire volcanologique de Goma (OVG). Ils ont été accueillis au gouvernorat de province par les nouvelles autorités militaires ( l’équipe du gouverneur militaire Constant Ndima Kongba) qui font l’expérience de l’État de siège. Ils ont visité le camp militaire Katindo, certains services de l’État et quelques institutions universitaires. Le vendredi 25 juin 2021, ils ont fait un voyage lacustre jusqu’à Idjwi où ils ont été accueillis avec joie par une population curieuse qui voyait pour la première fois des officiers débarqués chez elle accréditant la thèse selon laquelle Idjwi est aussi connu de Kinshasa (l’île d’Idjwi est le seul territoire dans les deux Kivu qui n’a pas de groupes armés).

Mathias Ikem

Les Coulisses

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