RDC. F. Tshisekedi distrait. Les 25 généraux FARDC retraités vivent dans la galère!

RDC. F. Tshisekedi distrait. Les 25 généraux FARDC retraités vivent dans la galère!

( Le Chef de l’État et Commandant suprême des FARDC, F.-A. Tshisekedi accompagné du ChefEmg Mbala au mémorial du soldat congolais. Photo tierce).

« Nous avons combattu au péril de notre vie. Nous avons servi le pays qui 40 ans, qui 45 ans pour donner une existence à ce pays tant convoité. Nous sommes remerciés comme des malfrats. Dans l’armée, nous n’avons pas de syndicat pour plaider notre cas. Que le Commandant suprême regarde en père de famille notre cas. Nous sommes humiliés mais personne ne nous croit. La retraite pour les officiers, c’est la galère ! » Tel est le cri d’alarme des généraux mis à la retraite dernièrement. En effet, des sources fiables, les généraux mis à la retraite sous le règne du Président de la république Félix-Antoine Tshisekedi, au total 25ans de départ dont 5 déjà décédés, n’ont rien reçu même pas une promotion de fin de carrière. Les généraux sortis à l’époque de Joseph Kabila ont bénéficié des allocations de fin de carrière (AFC). Ironie du sort. C’est le président Félix-Antoine Tshisekedi qui les avait payés au Mémorial du soldat devant le rond-point Forescom. Et pourquoi ne paie-t-il pas ceux que lui-même et sous son commandement il a mis à la retraite ? En tout cas, ils implorent le regard du Commandant suprême sur leur sort. Dans les milieux des FARDC, on cite avec chagrin des cas comme ceux des généraux Kabulo, dernier chancelier des ordres nationaux, décédé à Kinshasa juste après la mise en retraite pour manque des soins comme celui du général Tshikwej qui devait être évacué en Inde mais à cause du manque de moyens financiers, s’est vu amputer les deux jambes à Kinshasa et en est mort de chagrin. Dès qu’un général atteint l’âge de 60 ans, commence le calvaire. Il ne sait pas si, par malchance, il sera mis sur la liste des retraités prématurément. On donne en exemple le cas du général Mustapha, né en 1959 et mis à la retraite (sans avoir atteint l’âge de la retraire fixé à 65 ans ), est décédé sans indemnités de sortie. Des généraux vivent le malaise, des cauchemars et des insomnies lorsqu’ils approchent la soixantaine et font des crises dues aux frustrations pour leur avenir. Nombreux sont morts de la« Covid-19 » peut-être aussi aggravée par le souci de fin de carrière.

La loi portant Statut des militaires de carrière dispose : «  A la retraite honorable, les militaires doivent bénéficier des allocations de fin de carrière (AFC) ». Les militaires congolais n’ayant pas de salaires, mais la ration reconvertie en argent, un forfait leur est accordé sans être indexé au coût de la vie. Ce forfait n’a jusque-là pas été donné aux 25 généraux envoyés à la retraite, les « retraités de Fatshi » comme on les appelle avec ironie. Or, il existe une formule de calcul d’indemnités de sortie suivant les années (ancienneté) de service. C’est pourquoi le Statut a sorti une annexe qui fixe le montant à payer aux retraités pour leur permettre de survivre. Même alors que le montant retenu après calcul est très insuffisant, les retraités de Fatshi n’ont rien obtenu jusqu’à ce jour.

La nation doit honorer ceux qui ont défendu l’intégrité du territoire national car si, retraités, ils sont incapables de se faire soigner, incapables de scolariser leurs enfants, cela signifie qu’ils sont condamnés à la mort. Et ceux qui viennent après eux ne sauraient être motivés ni avoir le courage de se battre pour la nation en voyant comment leurs aînés dont ils avaient admiré la bravoure sont traités par la république. D’où la question interpellatrice : «Comment peuvent-ils prendre soin des militaires et hommes de troupe sans détourner les fonds mis à leurs dispositions ? Comment peuvent-ils ne pas faire le commerce leur interdit par leur Statut en voyant la misère de leurs aînés ? »

En octobre 2021, nous nous sommes retrouvés dans une salle d’attente avec deux généraux. Nous avons évoqué les souvenirs des ADF à Beni. A la question de savoir pourquoi l’un des généraux avait disparu des écrans, il me répondit : « Nicaise, je suis tombé sérieusement malade à Bukavu alors que j’étais en mission de service. J’ai consulté un médecin qui m’a dit que je devais être opéré dans l’immédiat. L’opération devait coûter 5 mille dollars $ et qu’il fallait payer une avance de 2 mille dollars $ pour qu’il commence. Je n’avais que 800 dollars $. Sans être complexé, j’ai appelé deux colonels pour leur faire part de mon problème. Le premier de deux a mis à ma disposition sa jeep pour m’aider à subvenir aux besoins de déplacement et une rondelette somme de 2 mille dollars $ et le deuxième est venu me remettre 2500 dollars $. Grâce à ce geste de générosité de la part de ces deux officiers, j’ai pu être opéré sur place. Bien après, j’ai fait l’Inde. » Il nous montra les balafres. Je lui remis un exemplaire du livre que j »avais sur moi, ma contribution à sa retraite.

Fatshi, réveillez-vous et honorez ces braves citoyens qui ont servi la nation congolaise sous le drapeau et au sacrifice de leur vie. Ça ne sera que justice et honneur. Car, si vous voulez restaurer la paix notamment à l’est du pays, vous ne pouvez réussir qu’avec une armée déterminée, bien entretenue et bien équipée. Mais le premier équipement d’un soldat est son mental, son moral qui est tributaire des conditions de vie de sa famille et naturellement de lui-même. Qui dit mieux !

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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