RDC/État de siège. Le Gou-pro militaire Constant Ndima a installé son QG à Beni.

RDC/État de siège. Le Gou-pro militaire Constant Ndima a installé son QG à Beni.

( Goma . Le Lt-Gén. Constant Ndima reçoit l’équipement pour traquer les forces négatives et ramener la paix).

Beni accueille depuis samedi 17 juillet 2021 l’État-major du gouverneur militaire Constant Ndima. A la suite du ChefEmg Célestin Mbala Munsense qui y avait séjourné, le gouverneur militaire va tenter d’atteindre les objectifs lui assignés dans le cadre de l’État de siège. Aussitôt arrivé, le Lieutenant-général et gouverneur militaire Constant Ndima Kongba y a installé son QG pour suivre physiquement les opérations militaires de traque des jihadistes MTM. Son arrivée a coïncidé avec une moisson fructueuse. La population de Mayangose y est retournée et est aujourd’hui à sa 3ème récolte. L’arrestation de 13 chefs de localité et village en chefferie des Bashu. Ces chefs coutumiers ont toujours été des collaborateurs des islamistes MTM. Ils ont été dénoncés par Kambale Ngahangondhi, combattant dans le mouvement jihadiste MTM capturé au village Kavasewa avec un AK 47. Au niveau de Biakato (territoire de Mambasa/Ituri), les FARDC ont aussi découvert et saisi des sacs pleins d’explosifs et des détonateurs. Les FARDC ont arrêté quatre (4) personnes ( Venance (chef de file), Kakule Abikula, Ngahangondhi et Mumbere Joseph) auprès de qui on a trouvé 153 pièces d’explosifs TNT et 20 détonateurs. Grâce à un travail fouillé, un réseau actif des jihadistes MTM commis à venger et réprimer la population civile des pertes subies par les combattants MTM dans la forêt a été aussi identifié. Il s’agit de Kasereka Mathe Jeannot, Kambale Katsuva Roger, Kasereka Mapendo Jonas alias Abdoul. Ces capturés sont soupçonnés avoir participé à la planification de l’assassinat du cheikh Ali Amin, Représentant de la région islamique de Beni. Ce groupe au nom évocateur de leur cruauté s’appelle Unity Ground Destruction (unité de terrain pour la destruction), ancêtre de l’IGD (entendu comme Intelligence Group of Defence dévoilé à l’époque par l’imam et instructeur jihadiste Bonge la Chuma). Ce groupe côtoie la population et la tient à l’œil. Sa mission est d’assassiner des individus ou groupes d’individus accusés d’altérer le message du Coran et des imams qui refusent de coopérer pour l’épanouissement de l’Oumma ou des débiteurs des ADF/MTM ou encore pour punir la population à chaque fois que les combattants ont subi des pertes.

Des leçons à retenir

Toute personne qui déclare que l’insécurité s’est accrue depuis l’État de siège ment. Primo, l’ennemi vit dans et avec la population qui lui sert de guide et en renseignement. L’ennemi suit l’itinéraire des milices maï-maï éparpillés dans le territoire de Beni et qui ont réussi à occuper le sud du territoire de Mambasa et la frontière Eringeti avec l’Ituri. A ce jour, le groupe maï-maï Kyandenga, supplétif des jihadistes MTM continue à servir des béquilles des jihadistes MTM contre les FARDC.

Secundo, Mughalika (lisez Mwalika) dans les Bashu reste un foyer actif des islamistes MTM. Il en est même le grenier qui nourrit les villes de Beni et Butembo ainsi que Kasindi. La chefferie des Bashu est le berceau de l’islam dans le Gand Nord. Ce qui explique aussi ses liens très poussés avec les Konzo de Bwera, leurs frères et parents. Il est donc inadmissible que certains politiciens, natifs de Bashu s’attaquent à l’armée alors qu’ils connaissent le rôle de grenier des islamistes MTM que joue Mughalika et l’apport de certains chefs de village dans la sensibilisation des paysans à travailler dans les champs pour les islamistes MTM. En effet, chaque cultivateur paie 30 % de sa récolte aux islamistes comme contribution à l’effort de guerre et le jeudi, c’est le jour réservé uniquement pour les champs des ADF/MTM. La sécurité est l’affaire de tous. Certains députés provinciaux feignent de l’oublier et déclarent à tout venant qu’ils attendent les résultats de l’État de siège, jouant ainsi aux acteurs passifs de la lutte contre l’insécurité dans leur fief naturel.

Certains politiciens s’engagent avec légèreté à faire le bilan de l’État de siège en se basant uniquement sur les incursions de l’ennemi et les dégâts qu’il commet. Tout comme, il est peinant de constater que certains notables du Nord-Kivu sont parmi les premiers à exiger la fin de l’État de siège comme si l’état d’insécurité chronique leur était favorable et bénéfique. Rares sont ceux qui appellent à la reddition volontaire des milices communautaires.

La population ne doit pas se laisser impressionner par les chants de sirène de faiseurs de rêves qui profitent de la violence. Certes, les jihadistes vont continuer à utiliser le langage de la terreur pour saboter les efforts de ramener la paix, la terreur étant un élément essentiel sur la psychologie de la population. Cette terreur peut être une réponse aveugle aux pertes que l’ennemi subit. Exiger la fin de l’État de siège reviendrait à retourner dans la situation de désordre favorable aux opérateurs de violence qui se satisfont de la territoriale des originaires avec son lot de conflits rétrogrades. Sans l’État de siège dans les deux provinces, point de salut. La population est appelée à le soutenir pour  qu’enfin, la paix revienne.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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