RDC. Dossier Nisse/ADF. GEC expose la journaliste Gisèle Kaj à la haine d’une certaine opinion.

RDC. Dossier Nisse/ADF. GEC expose la journaliste Gisèle Kaj à la  haine d’une certaine opinion.

(Événementiel. Quelques députés nationaux du Grand Nord posent avec les 3 détenus dont Nisse Mughendi après avoir réussi leur chantage. Archives les Coulisses)

M. Nisse Mughendi Nzereka, Coordonnateur du groupe d’étude pour le Congo (GEC) s’est comporté en Tipo Tipo en faisant de la cité meurtrie d’Oïcha par des attaques des islamistes et des maï-maï une sorte de Zanzibar. Il a acheté des ex-otages des ADF libérés au prix du sacrifice par les FARDC et les a convoyés à Kampala pour le compte du bureau d’avocat américain Laren Pool. Le livre du journaliste d’investigation Nicaise Kibel’bel Oka, Prix africain 2009 de la Liberté de la Presse lui décerné par CNN/Multichoice, « Jihad en RDC. Exhortation, témoignages et viabilité des ADF/MTM », Éditions Scribe/Bruxelles 2019 donne des révélations accablantes sur cette affaire. La journaliste Gisèle Kaj a publié les pages (177-181) sur son compte privé Twitter. GEC les a aussitôt qualifiées : « Des accusations sans fondement et extrêmement préjudiciables contre le Groupe d’étude sur le Congo (GEC), plusieurs de ses membres et des chercheurs affiliés. Ces accusations sont fausses. Elles ont d’ailleurs été rejetées par la justice congolaise et n’aident pas à faire avancer le processus de paix dans la région ou à mettre un terme à la violence autour de Beni. » 1. On peut noter à ce niveau que la fausseté des accusations contenus dans le livre de Nicaise, selon GEC, repose sur le fait qu’elles ont été rejetées par la justice militaire. Ce qui montre aussi, selon GEC, qu’elles sont sans fondement. GEC ajoute que 2. L’auditeur militaire aurait reçu de fausses allégations selon lesquelles le professeur Nisse Mughendi aurait donné de l’argent à des combattants de l’ADF et à des ex-otages…Enfin, 3. Depuis le 5 janvier 2019, le même procureur militaire a constaté qu’il n’y avait aucune preuve pour ces accusations. Pour asseoir sa théorie du complot contre GEC et accuser les journalistes Kaj et Kibel’Bel Oka d’intention de nuire, GEC publie en annexe la lettre du 19 janvier 2019 de l’Avocat général militaire, le lieutenant-colonel Kumbu

Voici notre réaction à ce niveau.

1. GEC utilise le conditionnel parce qu’il est conscient que l’Auditeur militaire de Beni détient des preuves des faits vrais et vérifiés. Les accusations portées contre le professeur Nisse Mughendi Nzereka sont vraies et résistent à la manipulation. Accompagné de son conseil et entendu sur PV par le même procureur militaire, Nisse Mughendi avait tout avoué. Il recevait régulièrement de l’argent de Laren Pool, cabinet d’avocat américain installé à Kampala pour le compte de qui il travaillait et avait déjà expédié des ex-otages. Les preuves sont dans le livre.

2. La lettre du procureur militaire, le lieutenant-colonel Kumbu Ngoma est claire : « Le dossier RMP:1262/KNG/2019 instruit à votre charge est classé sans suite et ce, sur ordre de l’Auditeur Militaire supérieur Opérationnel du Nord-Kivu. » On lit entre les lignes le malaise du procureur qui souligne bien que c’est sur ordre. Ce n’est par la conviction du magistrat militaire instructeur du dossier mais il a reçu des injonctions. Le contraire aurait étonné pour quelqu’un devant qui Nisse Mughendi avait fait des aveux étayés des preuves accablantes. L’Avocat général militaire Kumbu Ngoma a été contraint. Quelle a été l’attitude de l’Évêque du diocèse de Butembo-Beni, grand Chancelier de l’Université catholique de Graben qui emploie Nisse Mughendi, quand il a lu le livre et a reçu une copie de la lettre ? On ne peut pas se taire ni se contenter d’un dossier classé devant de tels actes qui rappellent le 19ème siècle.

Là où des rapports indexent certains officiers des FARDC parmi les auteurs des massacres des populations de Beni et qu’une opinion appelle avec raison à l’installation d’un tribunal spéciale pour juger lesdits massacres, que peut signifier l’expression « dossier classé sans suite ? » Mon peuple périt par ignorance, dit la Bible. Je vous renvoie à ce jour à l’Affaire Chebeya.

3. Dans le même livre, le journaliste Nicaise Kibel’Bel Oka fait état des conclusions de la Cour militaire opérationnelle qui relève des failles et des incongruités impardonnables contenus dans le rapport de 2016. GEC accepte-il ces conclusions qui rejoignent celles du journaliste Nicaise Kibel’Bel Oka lui envoyées le 20 janvier 2018 l’exhortant « A présenter des excuses aux FARDC pour des allégations mensongères qui visent à lui nuire et à la déstabiliser ? »

4. La mission du journaliste est celle d’informer objectivement et avec toute la rigueur que lui impose sa déontologie en apportant des preuves des faits allégués. Ces preuves sont contenues dans le livre. GEC demande à un journaliste d’investigation d’avaler le contenu d’une lettre niant les faits parce que sortie de la justice militaire à laquelle GEC n’a jamais fait confiance.

5. Par mépris à la recherche de la vérité sur les massacres de Beni, GEC n’ a pas apprécié que Mme Gisèle Kaj, journaliste dont le professionnalisme et la maîtrise de la région sont incontestables et dépassent de loin certains des membres affiliés de GEC puisse relayer librement (sans engager son employeur) ces pages du livre de Nicaise. La vérité est têtue et ne saurait rester éternellement cachée. GEC a exposé Mme Gisèle Kaj à la haine et aux injures d’une certaine opinion sur les réseaux sociaux portant atteinte à sa dignité de femme Ce qui est déplorable.

Les faits sur cette éhontée affaire de dossier classé sans suite.

1. Après l’arrestation par l’Auditorat militaire supérieur près la Cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu à Beni de M. Nisse Mughendi Nzereka pour des faits graves qu’il a avoués librement, les députés nationaux du Grand Nord arrivent à Beni et plaident pour la libération sans condition de 3 personnes arrêtées. 2. A Butembo, l’on agite les étudiants de l’UCG et les groupes de pression qui décident de descendre à Beni pour libérer de force les trois détenus ( à part Nisse, il y a un commerçant dans la ferme de qui on a trouvé les habits de deux abbés Charles Kipasa et Jean-Pierre Akilimali de la paroisse de Bunyuka kidnappés et un président de KighandaLubero).

3. Informé, l’Auditeur général Tim Munkuto demande au général Marcel Mbangu, Commandant Sukola I de sécuriser l’auditorat militaire par un renfort des militaires. Après analyse, le général Marcel Mbangu propose sagement à l’Auditeur d’accorder la liberté provisoire pour éviter des morts inutiles et d’être accusé selon l’expression consacrée d’ « usage disproportionné de la force ». Les 3 détenus seront enfin libérés par une ordonnance de Mise ne liberté provisoire. Cette libération fait sur base du chantage aura pour conséquence qu’on perdra la trace de nos deux abbés jusqu’à ce jour. Ils ont été sacrifiés et plus personne n’en parle. 4. Pour mieux comprendre la pression faite sur la justice militaire, il y a un indice : tous les fugitifs, chercheurs affiliés à GEC, poursuivis par la Cour militaire opérationnelle pour participation à un mouvement criminel sont revenus au pays sans être inquiétés. Certains ont même été élus députés. Selon une source fiable, le chantage exercé au niveau de l’assemblée nationale exigeant la démission répétée du ministre de la Défense serait la récompense d’une cessation de poursuites contre certains leaders dans le dossier des ADF/MTM. D’où cette fameuse lettre que GEC brandit, le ridicule ne tuant plus.

En conclusion

Sans une vraie justice, il n’y a pas de réconciliation véritable et, par conséquent, il n’y aura pas de fin de violence telle que le suggère naïvement GEC. Que dit-on de tous ces militaires FARDC y compris des casques bleus tombés sur le champ d’honneur et de toutes ces populations massacrées ? GEC ne saurait se dédouaner avec ses rapports en arguant que d’autres experts des Nations-unies ont abondé dans le même sens (GEC étant lui-même issu des experts des Nations-unies). L’expression « certains membres de l’armée congolaise » ne signifie rien sinon une façon d’affaiblir notre armée. Il faut apporter les preuves de l’implication des officiers que GEC a cités dans ces meurtres pour que justice soit rendue. Différents comportements de certains acteurs socio-politiques compliquent davantage cette guerre asymétrique car ils y ajoutent la dimension hybride. Voilà pourquoi Nisse Mughendi Nzereka et tant d’autres devront un jour comparaître devant la justice pour des actes qu’ils ont posés. Voilà pourquoi notre compatriote Gisèle Kaj dont les agissements n’engagent en rien la MONUSCO ou la Radio Okapi est à féliciter et à soutenir pour avoir permis de relancer le débat. Ce débat public contradictoire que le journaliste Nicaise Kibel’Bel Oka a toujours réclamé pour confronter ses thèses avec le premier rapport de GEC (puisque depuis, GEC a évolué et rejoint le journaliste sur la présence des islamistes MTM dans le territoire de Beni).

Nicaise Kibel’bel Oka

Les Coulisses

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