RDC/Cacao de Beni. Esco-Kivu à la base de la rébellion de certains exportateurs contre l’État .

RDC/Cacao de Beni. Esco-Kivu à la base de la rébellion de certains exportateurs contre l’État .

(Enquête du journal Les Coulisses-suite).

2017, c’est l’année qui change tout. Esco-Kivu bénéficie d’un tarif réduit de l’Office national des produits agricoles du Congo (ONAPAC). Quand l’ONAPAC exige à Esco-Kivu de respecter ses engagements en payant comme les autres exportateurs, Esco-Kivu incite certains exportateurs au refus de reconnaître les prestations de l’organe de régulation qui est l’ONAPAC. Elle mène les exportateurs regroupés au sein de l’Association des exportateurs du cacao et café (ASSECCAF) à boycotter l’ONAPAC. Elle va jusqu’à refuser à l’ONAPAC d’accéder à ses installations, sabotant pour ainsi dire la loi autorisant le contrôle des stocks nationaux de tous les produits agricoles à l’exportation. Les mêmes exportateurs qui refusent de reconnaître l’ONAPAC pour le cacao sont en ordre pour le café et respectent la procédure. Esco-Kivu joue un double jeu. En contestant l’ONAPAC et en entraînant certains grands exportateurs à boycotter les services de l’ONAPAC, l’anglo-américain Esco-Kivu profite de ce désordre qu’elle a créé pour faire passer quantité de cacao frauduleusement vers l’Ouganda. Conséquence une bonne partie du cacao produit dans le Ruwenzori en RDC est reconnu comme produit de l’Ouganda mais pas de la RDC. Pourquoi Esco-Kivu ne peut-elle pas installer une usine de chocolat à Kamango, Beni ou Eringeti ? Lui a-t-on appris que les Congolais de Beni sont allergiques chocolat ?

Quand la FEC, à travers Esco-Kivu manipule le Premier ministre Bruno Tshibala

Esco-Kivu a besoin du soutien de certaines autorités au niveau de Kinshasa pour continuer à flouer l’État congolais dans la fraude et le blanchiment d’argent. Ayant gagné la confiance aveugle de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC)/Beni dans la province du Nord-Kivu, Esco-Kivu, profitant du litige qu’elle a créé avec l’ONAPAC sur le cacao, réussit à emballer toute la FEC/Nationale dans une sorte de solidarité négative qui va créer une confusion totale au sein du gouvernement du Premier ministre Bruno Tshibala dont les ministres concernés font preuve de non maîtrise des textes en vigueur. Le Premier ministre Bruno Tshibala, par sa décision N/Réf.:DAECC/CKL/LN/F.0132/2018 signée en date du 13 février 2018 réduit les activités de l’ONAPAC uniquement sur le café et donne à l’Office Congolais de Contrôle (OCC) l’autorisation de s’occuper des autres produits agricoles d’exportation. Le Premier ministre Bruno Tshibala crée un conflit (in)justifié de compétence entre les deux Offices en transférant le conflit Esco/FEC-ONAPAC sur les perceptions et prestations en conflit ONAPAC- OCC. Bruno Tshibala va faire preuve d’ignorance manifeste jusqu’à oublier la mission de chaque office. L’OCC est appelé à œuvrer à la frontière pour le contrôle de qualité et de conformité tandis que l’ONAPAC travaille à l’intérieur du territoire national. Le législateur ayant prévu pour l’ONAPAC l’encadrement desdits produits à partir de la plantation pour vérifier la qualité grâce à l’aide technique et à l’encadrement des planteurs. Chose curieuse. La lettre de la FEC publiée le 12 février 2018 a un contenu qu’on retrouve dans la lettre du Premier ministre écrite le 13 février 2018. En termes simples, la FEC aurait exercé une pression sur le Premier ministre le poussant à la faute. En contrepartie de quoi ?Vraisemblablement, on pense que c’est la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) qui aurait initiée cette décision. Le Premier ministre Tshibala va trébucher oubliant qu’en aucun cas une simple lettre ne peut annuler et/ou remplacer un Décret.

Intimidations et clientélisme d’Esco-Kivu

( Document préparé dans le laboratoire et soumis à la signature de Paluku Wilson)

Esco-Kivu a réussi à entraîner certains politiciens et notables de la contrée dans son jeu pour faire le choix entre l’argent et le sang des populations. Ils s’en prennent à tous ceux qui dénoncent cette mafia. Paluku Matumu Jacques porte plainte quand il veut pour cacher le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme tels que qualifiés par le procureur de la république. Lorsque des véhicules transportant du cacao sont saisis par les services, aussitôt il actionne son réseau de relations et l’ordre est donné pour que les véhicules soient libérés. Ceux qui le soutiennent ne réalisent pas la corrélation cacao-tueries d’une population. En février 2021, il s’est permis même de traîner le journaliste Kibel’Bel Oka devant l’Auditorat militaire du Nord-Kivu. Il a fait de même avec le directeur de l’ONAPAC/Beni. On dirait qu’il est abonné à la justice militaire. Dans les réseaux sociaux, le journaliste Kibel’Bel Oka est présenté comme celui qui n’aime pas (notre) communauté. CRDH, l’ONG du député provincial Paluku Ngahangondhi n’a pas hésité de qualifier publiquement le journaliste de « manipulateur rusé comme le serpent d’Adam et Êve » en date du 29 janvier 2021 pour avoir dénoncé la fraude du cacao au profit de l’Esco-Uganda. Une correspondance de la FEC/Beni du 18 février 2021 adressée au gouverneur du Nord-Kivu accuse le journaliste Kibel’Bel Oka d’incitation à la haine et dénonce la campagne de diabolisation des entreprises de Beni. La piètre réaction de Carly Nzanzu, gouverneur mis en repos forcé dans un forum contre l’ONAPAC montre combien qu’il est difficile de servir l’État et la population face aux intérêts mesquins des multinationales. Bref, dénoncer le manque à gagner de la RDC devient un crime. Pour Paluku Ngahangondhi, ce sont les militaires des Forces armées de la RDC qui sont à la base des tueries pour voler le cacao et empêcher Esco-Kivu d’être au service de la population. Paluku Batholeni Wilson, président de la société civile du secteur du Ruwenzori, soutient aussi cette thèse. Envoûtés ou manipulés, ils oublient qu’avec 25 millions $ dépensés en 3 ans au compte d’Esco-Uganda, Esco-Kivu pouvait monter une usine de fabrication du chocolat et donnerait du travail aux congolais sans verser du sang. On est tenté de croire que nos ancêtres du Grand Nord nous avaient interdit de consommer le chocolat.

Y-a-t-il une vie économique d’une population déplacée loin de ses champs ? Où sont passés ceux qui disent que le cacao abandonné par les propriétaires est cueilli et vendu par les FARDC ? Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira. Mon peuple périt par ignorance. Mais l’heure vient et elle est déjà venue…

Les Coulisses

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *