Ouganda. Face à une opposition faible, M7 élu pour un 6ème mandat.

Ouganda. Face à une opposition faible, M7 élu pour un 6ème mandat.

L’élection présidentielle en Ouganda a donné au président Museveni un 6ème mandat pour continuer à régenter l’Ouganda. Âgé officiellement de 76 ans, Yoweri Kaguta Museveni est au pouvoir depuis 1986. Face à 10 candidats qu’on avait tôt fait d’ignorer pour ne présenter que le chanteur Robert Kyagulanyi Ssentamu alias Bobi Wine, Kaguta Museveni obtient 56, 80 % des voix et est proclamé président de l’Ouganda. A qui la faute ? Comme avec Trump aux États-Unis en 2016, les Ougandais ont fait le choix du dirigeant qu’ils méritent. Il ne pouvait en être autrement face un candidat qui ne pouvait pas faire le poids sauf dans les médias étrangers. On peut tout dire, Bobi Wine, chanteur et député, ne pouvait pas battre le rusé Yoweri Kaguta Museveni sauf dans la tête des rêveurs qui semblent ne pas connaître l’histoire de l’Ouganda. L’ancien maquisard Yoweri Kaguta Museveni est un « héros » vivant pour de nombreux Ougandais, celui qui a délivré le pays de la guerre, de la dictature d’Idi Amin Dada. C’est un peu l’homme à la dimension de Robert Mugabe qu’il faut honorer (malgré ses égarements). On ne peut jamais permettre à un jeune homme sans histoire de défier le « héros ». Mugabe a été démis par les compagnons de lutte avec beaucoup d’égards. Parce que révolutionnaire. Plus près de nous, Edouardo dos Santos (Angola) a été traité un peu de la même façon. Kaguta Museveni en est un aussi. Dans une bourgeoisie militaire bien installée et qui a les commandes de la géopolitique de la région, un révolutionnaire ne peut être remplacé que par un autre révolutionnaire. Surtout s’il est adoubé par l’Occident et soutenu par les Anglo-américains. Et par les institutions financières internationales. En effet, depuis sa prise du pouvoir, Museveni a réussi à développer une dépendance mutuelle avec les institutions financières internationales qui lui vaut beaucoup de respect. Et ce, malgré un appareil étatique délabré mais qui tient toujours bon (en apparence). Kaguta Museveni, c’est la stabilité dans la région (encore que chacun a sa définition de ce mot) même si c’est une paix de cimetière qu’il prêche et qu’il donne, il n’y a pas de guerre dans son pays. Il a mis en place une économie ancrée dans le monde rural, une économie d’autosuffisance avec une infrastructure routière qui tient debout, réussie avec le retour des Indiens expulsés par Idi Amin, la privatisation de l’économie, la promotion du secteur privé et des investissements étrangers. Ce qui discrédite l’opposition ougandaise depuis Kizza Besigye. De la sorte, on vante la stabilité (apparente) de l’Ouganda face au marasme de ses voisins. Il a réussi à déloger toutes les rébellions ougandaises les envoyant paître chez les voisins. Centrer une campagne à l’élection présidentielle sur la lutte contre le chômage et promettre qu’une fois élu, on mettrait fin au chômage, c’est vendre du vent. A l’heure des NTIC et avec la puissance des médias (d’État) à son service paraissant en toutes les langues, quel est cet électeur qui peut y croire avec ce qu’il voit même dans les pays développés ? Les observateurs avertis sont unanimes à reconnaître un fait : on a assisté à des condamnations timides basées sur les violations de droit de manifester notamment contre le chanteur Bobi Wine qui, aux dires du pouvoir, ne voulait pas respecter les mesures sanitaires contre la Covid-19. Pour le reste, l’élection s’est passée sans anicroche. L communauté internationale juge inopportun de remettre en cause la stabilité générale du pays parce que le développement économique est impossible en situation d’insécurité. Qui souhaite voir l’Ouganda dans des mains inexpertes face aux voisins rwandais, sud-soudanais, burundais, kenyan et rd-congolais ? Face à l’avancée inquiétante du terrorisme islamiste ? Bobi Wine ne donne aucune garantie de sécurité.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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