Munitions saisies. De l’amalgame éhonté!

Munitions saisies. De l’amalgame éhonté!

Toutes les armées du monde font face au phénomène d’infiltration, de traîtrise et d’agents double en leur sein. Ce phénomène, on le trouve même dans la Bible. La question qui se pose à tout bon commandant est celle-ci : « Comment démasquer cette racaille pour le bon fonctionnement de l’armée ? » Ici, on fait appel à la vigilance, au patriotisme des soldats qui doivent dénicher et dénoncer tout mouvement suspect. Le bon commandant exige que chaque militaire porte sa tenue et ses galons pour qu’il soit facilement reconnu. La dénonciation se fait à l’interne comme à l’extérieur. Elle est suivie des enquêtes et, pourquoi pas, d’un procès. Ce qui vient de se passer au sein de la 32è Brigade commando FARDC relève du même exercice. On a attendu en vain que les éléments de cette brigade qui a dénoncé jusqu’à l’arrestation des suspects soient félicités. Curieusement, une certaine opinion se recrutant au sein des Mbusa boy’s a trouvé là une occasion de célébrer leur rêve des FARDC qui tuent les Nande. Nous y reviendrons.

De quoi s’agit-il ?

Caricaturalement, il s’agit de deux groupes de gens se recrutant au sein des FARDC et de l’ICCN. D’un côté, nous trouvons les corrompus FARDC qui ont vendu des munitions et sur qui on jette l’opprobre, tous non originaires du Grand Nord, et de l’autre, les corrupteurs ICCN et acheteurs desdites munitions (Kambale, Paluku), tous fils du milieu. Corrupteurs et corrompus sont tous coupables. Personne ne parle du rôle de ces Paluku et Kambale dans cette trahison. En attendant le procès, puisque tous jouissent de la présomption d’innocence, on observe une incroyable excitation de la part des Mbusa boy’s. Ils crient victoire sur la toile et brandissent la vidéo de leur leader du 24 octobre 2014 incriminant les FARDC dans les tueries de Beni.

Mon peuple périt par ignorance

Leur laboratoire a produit un texte qui, comble de ridicule, cite le journaliste Nicaise Kibel’Bel Oka en alléguant que c’est pour la 1ère fois qu’il reconnaît les FARDC comme traîtres dans les opérations contre les ADF. Le support vidéo dans laquelle leur leader Mbusa Nyamwisi déclare que c’est le général Mundos qui est à la fois Commandant des FARDC et des ADF, fait foi. Les Mbusa boy’z s’indignent du fait que Nicaise ait demandé à GEC de présenter les excuses auprès des FARDC. Faut-il se taire ou avoir pitié des gens qui réclament auprès de Fatshi le poste du ministère de la Défense nationale pour leur leader ou celui du commandement Sukola I à confier à un fils de leur terroir ? Certes, mon peuple périt par ignorance et l’ignorance se présentant comme une maladie, il faut tenter de la soigner. Malheureusement, cette catégorie de personnes ont pris comme référent pour tester leur niveau Kibel’Bel Oka. Ils réfléchissent par rapport à Kibel’Bel Oka.

Nous allons tenter de les aider à comprendre, sauf mauvaise foi manifeste, la responsabilité de leur leader dans la complexité de la guerre asymétrique doublée du caractère hybride des opérations de Beni.

1. Du rapport de GEC de 2016. Dans son rapport intitulé : Qui sont les tueurs de Beni ?, le Groupe d’étude sur le Congo (GEC) épingle 2 catégories de tueurs de la population de Beni. D’une part, il y a les groupes armés locaux et les ADF désignés par les initiateurs (first movers) et, d’autre part, les FARDC désignées par le terme «  élargisseurs » (second movers).

Dans la 1ère catégorie, on trouve les commandants ex-APC, la branche armée de la rébellion du RCD/K-ML de Mbusa Nyamwisi avec les milices maï-met les ADF (ensemble). Dans l’autre, est cité le général Mundos. L’une de grandes faiblesses de ce rapport réside en ce que GEC ne dit pas comment les FARDC ont rejoint les initiateurs APC, ADF et maï-maï) et comment se déroule leur collaboration. Les tueurs de Beni sont les ex-APC de Mbusa Nyamwisi, les maï-maï, les ADF et les FARDC. Il est important de signaler que GEC avait engagé une dizaine de Nande, tous proches de Mbusa Nyamwisi, comme enquêteurs pour ce rapport. Tous ont reconnu, en âme et conscience et sans aucune pression, que les ex-APC de Mbusa Nyamwisi sont parmi les tueurs. Après avoir décelé des failles impardonnables pour des gens qui se disent experts, Kibel’Bel Oka a écrit à GEC pour qu’il présente des excuses aux FARDC. Naturellement si GEC a des preuves pour certains soldats congolais, il doit les présenter à la justice. Les Mbusa boy’s qui ont cité les APC ont perdu la mémoire.

2. De la déclaration de Mbusa Nyamwisi du 24 octobre 2014 sur Rfi. Dans l’atelier que Kibel’bel Oka avait animé à Beni en 2006 en faveur des OPJ de la Police nationale congolaise sur « Les meurtres en série », il a souligné un fait très important à leur endroit : « Dans un meurtre prémédité, en aucun cas l’enquêteur ne peut être en avance sur l’assassin. »  Lors d’un meurtre prémédité, si quelqu’un raconte les détails ou qu’il déclare qu’il était au courant , cela signifie qu’il est soit lui-même meurtrier, soit qu’il a participé à l’acte criminel. Dans le cas des tueries de la population de Beni, Mbusa Nyamwisi à qui on donne raison aujourd’hui, a clairement dit qu’il était au courant au moins une semaine avant. Ce principe enseigné aux OPJ de la PNC de Beni lui est aussi applicable. Voilà pourquoi nous déclarons avec force que, dans ce tribunal qu’on appelle de tous les vœux, Mbusa Nyamwisi doit comparaître comme témoin à charge et/ou décharge sur les tueries de Beni qui durent depuis 7 années. Voilà pourquoi nous nous inscrivons en faux contre toute initiative qu’il voudrait prendre pour rencontrer le général Mundos pour une réconciliation. Joseph Kabila, Mbusa Nyamwisi et le général Mundos ne peuvent pas se réconcilier sans expliquer à la population leur « deal ».

S’agissant de la reconnaissance des FARDC comme traîtres dans les tueries de Beni, il y a lieu de rappeler à ceux qui ont boudé les audience de la Cour militaire opérationnelle à Beni deux choses. De un, des officiers ayant rang de colonels ont comparu devant la Cour à partir des écrits de Kibel’Bel Oka. D’autres compatriotes ont dénoncé le colonel Martin Kambale. Bien avant, dans le procès sur l’assassinat du colonel Mamadou, des officiers ont aussi comparu et le journal Les Coulisses avait titré dans une édition spéciale : « Le colonel Mamadou assassiné par les ADF et les FARDC ». De deux, lorsque le Seigneur vous a donné gratuitement la facilité d’aborder les autres et lorsqu’on est bon patriote, on ne dénonce pas les FARDC dans les réseaux sociaux mais on relève des manquements et on rapporte à leur hiérarchie. C’est cela le patriotisme. Qui dit mieux !

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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