Minembwe, inutile distraction, interpellation de l’élite congolaise.

Minembwe, inutile distraction, interpellation de l’élite congolaise.

Les Congolais se sont réveillés et se sont illustrés dans les réseaux sociaux sur le cas Minembwe. Des injures et de la haine ont gagné de nombreux esprits. Certes la façon cavalière de faire de Minembwe une commune rurale doit être condamnée car entachée d’irrégularités. Le décret signé par le 1er ministre Matata Ponyo aurait intégré Minembwe en contradiction avec l’évaluation de l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu.

Mais aller faire croire que Minembwe ne va plus appartenir à la RDC est une farce. C’est une expression de manque de confiance en nos forces armées qui ont la charge de protéger les frontières de notre pays.

Plusieurs entités avaient été érigées en commune rurale. Au Sud-Kivu, il y a Minova, Sange, Nyangezi, etc. Comment les députés originaires de ces entités avaient-ils accueilli la décision ? Était-ce une opportunité pour booster le développement à la base ?

La présentation du design (la cité virtuelle) de Minembwe est venue ajouter de l’huile au feu. Et certains esprits ont crié à la balkanisation.

Si les Banyamulenge sont reconnus comme des Congolais et siègent dans les institutions nationales sans que cela ne puisse énerver d’autres Congolais, cela signifie qu’ils ont été acceptés comme tels et donc, ils sont des Congolais et qu’ils ont droit à un espace dans les limites de la RDC. Cette terre s’appelle Minembwe. Contrairement à ce que certaines personnes font passer comme message d’intoxication, Minembwe n’est pas la frontière entre le Rwanda et la RDC. Ce qui est mieux de retenir et de féliciter c’est cette volonté qu’ont certains Banyamulenge de développer Minembwe. Comme d’ailleurs Matata Ponyo l’a fait avec Kindu en y construisant une université. Nos frères Nande le font avec Beni, Butembo et Lubero. Là où certains compatriotes d’autres communautés du Sud-Kivu, voisines immédiates ou lointaines de Banyamulenge comme les Bashi, Fulero, Nyindu, Bembe, Havu, préfèrent fuir la campagne pour les centres urbains entraînant l’exode rural qui dépeuple nos campagnes, les Banyamulenge eux veulent investir à Minembwe. Ce qui devrait interpeller les politiciens d’autres communautés pour faire un retour à la terre dans leurs territoires.

Peuples des éleveurs comme les Peuhls, ils n’ont que les vaches comme richesse et investissent dans la vache. C’est autour de la vache qu’ils créent leurs activités (lait, viande, fromage, charcuterie) permettant à d’autres communautés (d’agriculteurs) de vivre des échanges et en harmonie. Pourquoi croire que le développement de Minembwe serait un signe de la balkanisation ? Quelle est cette communauté du Kivu qui accepterait les bras croisés la balkanisation ? Les Banyamulenge n’ont pas de terre ni au Rwanda moins encore au Burundi. Auraient-ils intérêt à ce qu’il y ait balkanisation ? La seule façon pour le peuple congolais d’empêcher cette fameuse balkanisation c’est d’avoir une classe politique responsable qui ne distrait pas la population.

Il ne faut pas faire foi ni accorder trop de crédit au discours mensonger de certains hommes politiques du Sud-Kivu. Car si un originaire du Sud-Kivu déclare qu’il ne connaît pas les Banyamulenge- appelons-les Banyarwanda- comme dans le Masisi et dans le Rutshuru, il ment. Che Guevara qui a séjourné dans les années 1965 dans la région aux côtés de Mzee Laurent-Désiré Kabila parle de ces Rwandais avec leurs vaches qui les nourrissaient dans la région d’Uvira. Ce qu’il nous faut en termes de priorité surtout, c’est de monter une armée républicaine capable de défendre l’intégrité du territoire nationale. Une armée républicaine signifie que tous les Congolais se retrouvent, la soutiennent, lui donnent les moyens de sa politique pour défendre notre pays comme d’autres nations le font. L’histoire a montré que les milices ethniques ne peuvent pas résister à la balkanisation si jamais balkanisation il y a. Le salut de notre pays tant convoité réside dans la mise sur pied d’une armée professionnelle, bien équipée et entraînée, républicaine et représentative de la nation congolaise. La RDC fait face à des convoitises de ses voisins. Que faisons-nous depuis que nous le savons ? Quels engagements avons-nous pris en tant que nation pour résister ? Il n’y a que l’armée dissuasive et une diplomatie forte qui sont le rempart pour garder notre pays dans les limites actuelles. En clair, il faut une volonté politique assurée et adaptée aux menaces actuelles et futures mais il faut aussi remettre le peuple au travail. Il y a trop d’oisiveté qui fait que tout le monde est devenu analyste politique.

Malheureusement, un pauvre se laisse distraire. Il pense que son malheur vient de l’autre. De même manière qu’un paresseux qui envie l’autre, à cause de son travail. Il faut créer la résilience dans l’esprit du Congolais afin qu’il sache défendre la république partout où il se trouve.

A Mulembe, les gens sont pauvres comme ceux de Walungu, Mwenga, Kaziba, Fizi, Baraka… Nos villageois manquent l’eau potable. Ils n’ont pas accès à l’électricité, aux services de santé de qualité et à l’éducation de qualité. Les élus passent le clair de leur temps dans les villes ou dans la capitale. Ils ne veulent plus retourner das des villages à cause de l’état de délabrement des routes et de l’abandon total des villageois. Or, si tout le monde faisait comme les Banyamulenge veulent le faire avec ce design qui a jeté de la panique, les choses iraient pour le mieux dans nos campagnes.

Au lieu de distraire la population, que les politiques mettent la pression sur les gouvernements central et provinciaux pour construire les routes qui aideront à écouler les produits agricoles.

Déjà, on a vu qu’on ne peut accéder dans les Hauts plateaux que par avion ; luxe que seuls les privilégiés du gouvernement peuvent s’offrir. Pour joindre Uvira à partir de Bukavu, la voie d’accès la plus sûre reste le Rwanda. Ce qui est anormal.

Que la Société civile sensibilise la population pour une coexistence pacifique ; base du développement intégré et intégral. Et que des ONG qui sont dans la région et surtout les églises développent le discours de la cohabitation et de l’acceptation de l’autre pour une paix des braves.

Plusieurs conflits tirent leur origine de l’exclusion. Au Mali, en Centrafrique, au Soudan, au Soudan du Sud… Réfléchissons-y.

Roy Maheshe Mudosa

Les Coulisses

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