L’État Fatshi, un État surchargé et saturé !

L’État Fatshi, un État surchargé et saturé !

L’État Fatshi est avant tout un État surchargé, un État en panne et saturé confronté aux dysfonctionnements, aux échecs, aux crises et aux conflits. La nature de l’organisation administrative et politique que Félix-Antoine Tshisekedi hérite surcharge davantage cet État et en fait un État clientéliste : les bases sociales, géographiques, matérielles et ethniques du pouvoir, les alliances sociales et politiques. Le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi a hérité d’un État qui reposait sur la prime aux rebelles, hérité lui-même par celui de la prime aux enfants soldats magnifiés par la communauté internationale en Kadogo. Ajouter à cela la matière du désordre social et technique engendré par la présence d’un autre État dans l’État avec son administration indépendante appuyé à l’est par l’aide, les experts, les subventions et les ONG. Enfin, l’État Fatshi est un État de compromis. Le compromis reste la seule manière s’il est capable de changer le rapport de force pour sauver le pays. Ce compromis a été à la base de l’intelligence stratégique du Chef de l’État, à savoir construire une large Union sacrée de la nation afin de se débarrasser de cette subordination. Ce, à travers des réformes qui répondent à la vision du Chef de l’État. Ce qui lui a permis d’affronter ses adversaires politiques du FCC un par un : d’abord au sein du gouvernement, de l’Assemblée nationale, puis du Sénat. Certains ont mal digéré ces compromis préférant une rupture avec cette bourgeoisie nationale qu’est le FCC. Mais on oublie qu’on ne crée une nouvelle société qu’avec des gens tels qu’ils sont, pas avec des gens comme on en rêve. L’intelligence tactique relève des compromis passés avec les adversaires pour changer les rapports de force qui lui donnent l’occasion d’imposer sa vision de la gestion de la chose publique. La conscience ne se décrète pas, elle se forge peu à peu, par un travail quotidien et de longue haleine. Les réformes se font encore et toujours attendre. Cela crée de l’impatience. Or, toute impatience, toute division fait le jeu de l’adversaire qui n’est pas encore totalement vaincu. Mais l’État Fatshi a un autre défi de taille contre lequel il doit se mesurer : le temps. Pour un quinquennat dont deux ans ont été mis à déboulonner le FCC, le temps joue contre Félix-Antoine Tshisekedi.

Voici arrivée l’étape de « décoloniser » la société congolaise. Le temps de la décomplexer comme on le voit avec la reconnaissance par les USA du jihad islamiste de MTM. L’insécurité et la guerre contre le terrorisme islamiste et les groupes armés locaux mais aussi contre les opérateurs de violence qui se camouflent en costume. Parce que l’État Fatshi sera jugé sur ses résultats. Et le temps joue contre lui. Il semble que Fatshi va trop lentement. Trop lentement ? On décourage cette base qui ne voit pas la situation s’améliorer et perd confiance. On s’enferme dans un carcan, et, on s’isole. Ni trop vite, ni trop lentement. Le Chef de l’État doit accélérer. Il doit se considérer comme en campagne afin de disposer d’un agenda lui permettant de visiter les 26 provinces de la RDC. C’est la première de choses autrement, c’est la faillite de la vision de la gestion de l’État. Par où commencer ? La justice par où les choses devaient démarrer semble essoufflée après le procès de 100 jours. L’impunité aura été l’une des causes de la perte du pouvoir par son prédécesseur. Or, sans actionner cette justice, rien ne peut avancer, les habitudes ayant la peau dure. Comment transformer notre pays sans toucher aux mentalités ? Les critères de nomination au sein des institutions publiques ne requièrent pas le casier judiciaire moins encore des évaluations. Nous sommes un pays où on n’évalue personne, où les gestionnaires des biens publics ne rendent jamais compte de leur gestion, où on reprend les mêmes et on recommence. Comment transformer notre pays sans décoloniser le Congolais ? Opération gigantesque, complexe et de longue haleine réservée aux seuls vertébrés.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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