King Kester et la problématique de la terre ancestrale

King Kester et la problématique de la terre ancestrale

Chanson « Milonga kwango »

Noko akomi mokanda asengi na nga na sombela ye mbwa

Nasombi mbwa natindi, Asepeli mingi asali feti

Noko akoti zamba….kanga mbwa…Gazele mene kangama

Maladie soki ewutaki wapi

Noko abandi kobela

Noko akomeli nga…

Nakende mboka

ayebisa nga vérité ya mboka na biso

Zamba pe ba mayi, bisobe pe lokola

Kuna na Kin nazalaki kobanga

Mokolo nini nakokoma na mboka

Ngwashi Muntu kotela mono vérité

Milonga kwango nga nayebi ya ngo te

Ngai Evala nazali nakati ya mpasi mawa trop

Moindre retard nasalaki, Noko akati molimo

Nakeyi na mboka nakomi retard, nakuti bakundi Noko

Bato ba kolela

Yango ozalaki wapi okolela

Noko akufi na kombo na yo na monoko koko Kilesa

Ba mpika na beto bo mekuma ba mfumu

na ntwala na beto

Bo me kuma kutekila beto nfinda na mbongo

Yo me bikala kaka bofutisa beto mawa trop.

Traduction

Mon oncle m’a écrit une lettre. Il me demande de lui acheter un chien. Je l’ai acheté et lui ai envoyé. Il était très content et il a organisé une fête.

L’oncle se rendit dans la forêt pour chasser. Le chien attrapa une gazelle.

La maladie l’attaqua. L’oncle commença la maladie. Il m’écrivit encore me demandant d’aller au village.

Il avait un testament pour moi sur les vérités de notre villages notamment les forêts, les rivières et les brousses

A Kinshasa, j’avais peur. Je ne savais pas le jour où j’arriverai au village.

En vérité, je ne savais rien de nos coutumes. Moi Evala, suis en difficulté.

Moindre retard pris, l’oncle a rendu l’âme.

Je suis arrivé en retard, en pleurs. L’oncle venait déjà d’être enterré.

Les gens pleuraient : «  Où étais-tu tout ce temps ? Ton oncle est mort avec ton nom dans sa bouche. Que faisais-tu à Kinshasa ? Trop tard, on l’a déjà enterré. »

Refrain

Nos esclaves sont devenus des rois chez nous et ont pris le devant. Ils ont commencé à nous vendre même nos forêts. Il ne leur reste qu’à nous chasser de nos terres. Ce qui est dommage.

Résumé

Cette chanson peut subdiviser en trois parties : la demande de l’Oncle et l’envoi du chien, la maladie et l’héritage raté et enfin l’ingratitude des esclaves qui vendent déjà la terre et abusent de l’hospitalité leur offerte.

L’oncle a besoin d’un chien pour l’accompagner à la chasse. Il l’obtient de son neveu. Il est très content. Il festoie.Vient la maladie. Il sent sa mort venir. Il écrit à son neveu. Ce dernier arrive en retard. Par manque des moyens de transport ou à cause de l’état des routes ? Par peur de porter toute la coutume sur lui qui est devenu citadin ? Il s’y rend finalement. Trop tard. Il rate la vérité sur la terre ancestrale.

Il finit par réaliser que leurs esclaves se sont « libérés » et ont récupéré les terres ancestrales qui ne leur appartenaient pas. Ils distribuent moyennant argent. Ils s’en approprient. La peur, c’est le danger voir les propriétaires terriens devenir apatrides, des gens sans terre. Dommage !

Contexte

Cette chanson est intemporelle. Elle peut s’appliquer aux réalités de la RDC notamment de l’est où se pose le problème des « autochtones »  et des « migrants » et où la compétition foncière est une lutte suicidaire. Six ans après sa mort (le 13 février 2014), Kester Emeneya ressuscite la problématique de la terre ancestrale au moment où de nombreux Congolais crient à la balkanisation de la RD Congo. King Kester pose aussi le problème de la responsabilité de la jeunesse qui ne saisit pas les enjeux de la succession mais également de la coutume et de la maîtrise du temps. Il pose enfin le problème de l’hospitalité et de l’ingratitude : Faut-il accueillir des « inconnus » comme en Ituri?

Les Coulisses

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