Islam en RDC. Série noire à Beni. Après Ali Amin, cheikh Djamal Mussa assassiné.

Islam en RDC. Série noire à Beni. Après Ali Amin, cheikh Djamal Mussa assassiné.

(L’imam Djamal Mussa assis à même le sol avec sa base réclamant le départ de la MONUSCO pour inefficacité face aux tueries de la population par les ADF/MTM).

Série noire au sein de la COMICO. Naufrage, tsunami ? Le terme n’est pas assez fort. La Communauté islamique du Congo, Région islamique de Beni vient de perdre en l’espace de 17 jours deux imams, assassinés de la même façon par des individus en moto. Cheikh Djamal Mussa a été assassiné mardi 18 mai 2021 aux environs de 19 h 20 alors qu’il venait de quitter la mosquée. Cet énième assassinat a plongé toute la population de Beni ville et territoire en émoi. La société civile dans laquelle il évoluait n’a pas tari d’éloges sur la personne de l’imam de la mosquée de Mavivi, regrettant d’avoir perdu un grand défenseur de la cause de la population et un grand dénonciateur des jihadistes MTM. L’imam Djamal Mussa fut un grand collaborateur des services de renseignements notamment. Il avait une avance sur les ADF et savait signaler leurs incursions et dénoncer des tueries. Il apportait son aide aux FARDC et à la MONUSCO jusqu’à servir de guide contre les terroristes islamistes de MTM. Pourquoi l’a-t-on assassiné, lui imam ? A première vue, la réponse est simple : il dénonçait les ADF/MTM et donc, il gênait ses frères dans l’islam. Ses dernières prêches où il s’attaquait avec virilité à ses coreligionnaires qui ont choisi d’appliquer le Coran et la Sunna du Prophète en témoignent. Bref, il était contre les faits et gestes des ADF/MTM.

Retour de Jadot Mangwengwe du séjour chez les ADF.

Devin est celui qui racontera ce que le journaliste et Directeur-gérant de la RTGB a vu, vécu et entendu lors de son séjour « forcé » chez les islamistes MTM. Libéré par ses kidnappeurs, Jadot Kasereka Mangwengwe a été annoncé par la voix des ondes. Pour fêter ledit retour, un groupe de journalistes annonça par voix de presse que tous les journalistes de Beni allaient le recevoir le lendemain avec comme Participation aux frais (PAF) 2 dollars $. Nicaise Kibel’Bel Oka, président et doyen des journalistes de Beni ne fut pas informé. Toutefois, à 8h30, il alla au domicile du confrère lui présenter sa compassion. Arrivé sur le lieu, il trouva le confrère Jadot Kasereka expliquant à certainss notables de Kighanda de Beni sa mésaventure. A l’arrivée de Kibel’Bel Oka, un silence de cimetière fut observé. Au bout de 10 minutes, Kibel’Bel Oka se résolut de quitter le lieu pour leur permettre de bien causer. Les murs ayant des oreilles, Nicaise Kibel’Bel Oka apprit par la suite des sources fiables que le confrère Kasereka Mangwengwe Jadot était porteur d’un message des ADF/MTM envoyé à trois (3) personnes dont l’imam Djamal Mussa. C’était une mise en garde à l’encontre de 3 personnes accusées d’empêcher par leur comportement la réalisation du califat de l’État islamique à Beni. Pour des raisons de sécurité, nous ne citerons pas les deux autres destinataires. La main sur le cœur, Jadot Mangwengwe fit parvenir le message aux intéressés qui le captèrent 5/5 .

Djamal Mussa face à l’islam

Pour ceux qui connaissent l’islam et qui vivent avec des musulmans, le comportement de l’imam Djamal Mussa était simplement déroutant. Il contrastait avec le code de conduite des musulmans : On ne s’attaque pas aux musulmans qui prêchent le jihad armé et qui enseignent que la foi s’effectue par l’épée et le Coran. Même si on n’est pas d’accord avec eux. Même ceux des musulmans qui ne furent pas d’accord avec Oussama ben Laden ne l’ont jamais dit publiquement. Prêcher contre les jihadistes islamistes, c’est mener la Fitna, la guerre au cœur de l’islam qui cherche à détruire l’Oumma des croyants et à l’amener à sa ruine. Dans ses actes et gestes, dans ses dires, l’imam Djamal Mussa se présentait comme un séditieux à l’ordre que veut imposer la Loi. De ce point de vue, il détournait les fidèles de la loi : « Si tu n’es pas d’accord avec le jihad (défense armée) et que tu es pacifiste, souviens- toi que tu seras tué parce que tu es incapable de conserver ton iman (ta foi). » Trois jours avant son assassinat, il reçut des messages de « fatwa », apprend-on. En 2016, la COMICO avait dépêché cheikh Mussa Angbandi, l’imam de la mosquée d’Oïcha et Président de la région islamique de Beni (dont Cheikh Ali Amin était vice-président) discuter avec Nicaise Kibel’Bel Oka au sujet des écrits du journal Les Coulisses qu’elle jugeait contre les musulmans. Après avoir écouté religieusement l’imam, le journaliste lui dit : « Vous acceptez que nous puissions écrire que la COMICO ne reconnaît pas avoir bénéficié des dons de quelque nature de la part des ADF et que ceux-ci ne sont pas des musulmans. » L’imam Mussa Angbandi réagit avec force : « Non non. Pas ça. Tu veux qu’ils incendient toutes les mosquées de Beni et qu’ils nous tuent ? » Voilà pourquoi les agissements de l’imam Djamal Mussa étonnaient les esprits avisés. Car, Allah ne négocie pas, n’engage pas de discussion à propos de la mission inéluctable qu’il a donnée aux jihadistes islamistes, à savoir fonder un véritable État islamique (daula islamiyya) à Beni sur les ruines de la mécréance. Depuis l’activisme des jihadistes MTM, certains imams dont les cheikhs Mussa Angbandi et Hamza Amadi ( son adjoint) ont disparu de la circulation. La COMICO tout comme société civile sont incapables de dire ce qu’ils sont devenus.

Djamal Mussa, adepte de la taqiyya et/ou murura ?

(Beni. Mme Sarah Muheha devant la Cour militaire opérationnelle après la dénonciation de son double jeu. Elle coopérait avec Moussa Tchadien (barbu) et Winny ( son copain et ex colonel/ Rens. ADF). Archives Les Coulisses).

La question que l’on est en droit de se poser au regard du comportement de feu l’imam est : « A quel jeu jouait l’imam Djamal Mussa, lui qui est censé connaître l’islam et qui sait que l’obligation du musulman au jihad est licite (halal) ? » La réponse pourrait être donnée par la taqiyya. Taqiyya est une pratique de dissimulation enseignée aux jihadistes, une sorte d’alliance de façade destinée à adopter le comportement des Kafri pour bien les infiltrer au profit de l’islam. Mme Sarah Muheha Shingwa est un exemple vivant du double jeu. Elle avait joué ce rôle depuis le général Bauma auprès des FARDC et de la MONUSCO où elle travaillait comme « Cleaner ».

Pour rappel, la « taqiyya » est l’art de la dissimulation légitimée par des versets du Coran et des dalils, des preuves religieuses. Les MTM font régulièrement référence à la sourate 3, 28 du Coran qui invite le musulman à faire preuve de duplicité à l’égard de non-musulmans s’il est dans une situation où il doit se protéger : « Sachez sourire à ces personnes alors que votre cœur les maudit. »

La « taqiyya » consiste à mentir pour la cause d’Allah. Le juge antiterroriste Français Marc Trévidic attire l’attention sur des terroristes islamistes qui vivent dans la population : « Ce sont des agents dormants, la 5ème colonne formée sur le concept taqiyya. Les adeptes de la taqiyya sont plus dangereux car il leur faut une grande détermination pour adopter un comportement de duplicité sur une longue période. Ils sont très forts psychologiquement pour intégrer ce double jeu. » Le Coran affirme que la ruse appartient à Allah, en totalité (Sourate 13, 42) et qu’Allah « est le plus habile à fomenter un complot » (Sourate 8, 30).

Dans la conquête de l’islam, il existe ce qu’on appelle la « muruna ». La Muruna est le fait de faire usage de flexibilité afin de se mêler à l’ennemi et à son entourage. C’est l’arme suprême pour l’infiltration consistant à amadouer, gagner la sympathie afin de le convertir à l’islam ou encore d’infiltrer diverses institutions là où les non -musulmans sont majoritaires. Certains traits distinctifs peuvent dissimuler l’infiltration comme se raser la barbe, s’habiller à l’Occidental ou boire de l’alcool. Tous les commandants FARDC qui ont ont été au front Sukola I se souviennent de fausses alertes leur donner par la population et savent de quoi il est question. L’assassinat de l’imam Djamal Mussa est effectivement une grande perte pour la communauté. L’État congolais a l’obligation de s’investir pour mettre fin à cette série noire. Néanmoins, il revient à la population et aux musulmans en particulier de dénoncer les jihadistes MTM pour éviter d’autres meurtres surtout ciblés. Ne jugeons pas. Seul Allah connaît la vraie raison de l’assassinat de l’imam Djamal Mussa. L’imam-président de la société civile de Batangi-Mbau a été inhumé mercredi 19 mai 2021 au cimetière musulman de Beni/Rwangoma.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *