Islam en RDC. Le Chef de l’État appelé à sauver la COMICO du naufrage.

Islam en RDC. Le Chef de l’État appelé à sauver la COMICO du naufrage.

(Kinshasa. Résidence du Mufti Abdallah Mangala saccagée et incendiée par des musulmans en colère le jour de la rupture du Ramadan).

« Le problème au sein de la Communauté islamique du Congo (COMICO) n’est pas à proprement parler la contestation de Cheikh Abdallah Mangala, le Mufti des musulmans du Congo. Cette contestation qui se traduit aujourd’hui par la violence a été créée du temps du FCC et récupérée par un groupe des musulmans corrompus à la solde des politiciens», nous a déclaré lundi 17 mai 2021 une voix autorisée au sein de la COMICO qui ajoute qu’un « Vrai musulman ne peut pas, après 30 jours de jeûne, faire couler du sang de ses coreligionnaires le jour de la fin du Ramadan. » L’on se souvient que Cheikh Abdallah Mangala avait été élu lors de l’assemblée générale des musulmans tenue au salon rouge du ministère des Affaires étrangères face à son challenger l’Imam Ali Mwinyi suivant les règles d’usage du Coran. Comme dans la plupart des élections, le droit de contester existe. Cheikh Ali Mwinyi a eu à contester l’élection mais cela s’est arrêté après avoir pris acte. Depuis 2018, le siège national de la Communauté islamique du Congo à Kinshasa est occupé par un groupe de gens poussés par certains hommes politiques qui ne pardonnent pas aux responsables de la COMICO d’avoir réclamé les élections en 2018. En effet, ajoute notre source, tout et parti de la déclaration du Cheikh Ali Mwinyi qui appelait les responsables au sommet de l’État de l’époque à organiser les élections. Dans le contexte de l’époque, cet appel très fut mal interprété par la majorité présidentielle (Front commun pour le Congo) qui monta un groupe de gens avec des espèces sonnantes et trébuchantes pour créer de la confusion en occupant le siège de la COMICO : « La COMICO est une victime d’un État de droit qui a failli à sa mission. Nous sommes victimes de la déclaration de Cheikh Ali Mwinyi. Seulement, plus de deux après, nous ne comprenons pas pourquoi la situation demeure statique, alors que le pays a connu des changements majeurs à tous les niveaux. » Avec l’avènement de nouvelles autorités, les responsables légaux de la COMICO avaient mené des démarches politiques et judiciaires pour décanter cette situation. Sans succès. On se demande quelle force détient ce groupe des «bandits » au point de défier la justice congolaise : « Par 5 fois, le Parquet général près le TGI/Gombe a signé des réquisitions de la force pour déguerpir ses occupants illégaux du siège de la COMICO, et par 5 fois, les forces de l’ordre ont été empêchés d’agir recevant l’ordre d’on ne sait qui. Ces gens se sont mis à caillasser les forces de l’ordre et à se moquer d’eux sur les réseaux sociaux. » L’on ne peut pas comprendre que Cheikh Abdallah Mangala, qui est un homme de dialogue et de paix, accepte les bons offices du gouverneur de la ville de Kinshasa pour une solution à l’amiable consistant à co-présider la prière avec l’autre camp et que, le moment venu, brandissant le spectre du sang, l’autre groupe mette en exécution son plan : « La déstabilisation de la COMICO est l’œuvre de certains politiciens du FCC qui côtoient toujours l’autre camp comme si la perte du pouvoir qui est un fait normal de démocratie est l’œuvre de la COMICO. » Poussés par ces caciques du FCC, ce camp a pris une fatwa contre de grands responsables de la COMICO tels que Cheikh Ali Mwinyi, l’honorable Moussa Kalema et nous autres. La preuve nous a été donnée le jeudi 13 mai 2021. Comment expliquer qu’après le stade, ces bandits puissent descendre à la résidence du Mufti Abdallah Mangala et tout saccager, puis rejoindre calmement le siège de la COMICO festoyant aux cris d’Allah Akbar ?» Ils sont prêts à tuer et naturellement s’ils avaient trouvé Cheikh Abdallah Mangala chez lui ce jour-là, ils allaient le lapider jusqu’à ce que mort s’en suive. Que fait l’État devant de tels acte de violence en pleine ville de Kinshasa où des policiers sont molestés sans état d’âme ?

Depuis Paris, le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi avait reconnu qu’en RDC il y a des gens qui ont des méthodes et des discours jihadistes. Il ne doit pas s’arrêter uniquement au constat. Il doit agir. Certes, certains musulmans avaient très mal accueilli cette dénonciation. Aujourd’hui, les événements du stade des Martyrs lui donnent totalement raison. Il y a un danger qu’il faut extirper sinon nous allons tous le regretter. L’État a l’obligation de mater des situations pareilles de peur que ça puisse servir d’exemple à d’autres personnes mal intentionnées. Si le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi se limite uniquement au constat, l’islam en RDC est en péril et personne ne saura intervenir quand il sera trop tard. Le Chef de l’État doit agir le plus rapidement possible. Ce que le monde entier a vécu en direct au stade et à la résidence du Cheikh Mangala Abdallah ne représente rien par rapport à la violence et aux menaces que subissent certains responsables de la Communauté islamique du Congo. Il y a urgence. Ces gens qui se présentent sous l’identité des musulmans sont des bandits soudoyés par des politiciens. Ils sapent la réputation de l’islam avec des cris «  Allah akbar », a fini par conclure notre interlocuteur. Les islamistes sont des musulmans violents mais tout musulman n’est pas islamiste.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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