Grâce aux agents double, Adrien Zambali infiltre le Cmdt Sukola I.

Grâce aux agents double, Adrien Zambali infiltre le Cmdt Sukola I.

(5ème partie). Sur cette photo, les généraux Bauma et Mundos entourés des colonels (aujourd’hui généraux) D.Muhima, Chirimwami et Yav Avul)

En considérant Mbau comme point de départ des opérations contre les ADF, les planificateurs des opérations Sukola I avaient commis une erreur monumentale d’appréciation de l’ennemi. Car, les ADF occupaient le triangle Mughalika (Mwalika)-Kamango-Eringeti. Les bombardements ayant permis de disperser l’ennemi, ils ont aménagé à Mwalika dans le Bashu, leur grenier agricole. Ce bastion ouvre le passage pour acheminer les vivres dans différents campements de l’ennemi suivant l’itinéraire Mughalika-Rwangoma/Nyaleke-Beni/Païda-Mayangose-Kitchanga/Rizerie-Rivière Semuliki. En effet, Mayangose, c’est le sanctuaire du groupe du chef Mbogoma Kitobi. Lors de la reddition de l’équipe de football des officiers ex-APC qui s’entraînaient dans les profondeurs de la forêt de Watalinga au village de Ndama, Andrien Zambali, Thomas Salongo et Léandre vont y rester. Léandre se connaît avec Adrien Zambali depuis l’AFDL. Après l’AFDL, il rejoint le groupe APCLS de Janvier. Très attaché à Bwambale Kakolele qui lui fournissait des armes pour la milice du chef Mbonguma Kitobi dont il a été la 2ème personnalité dans la gestion. Il bénéficie de la haute confiance de Mbonguma. A ce titre, Léandre est le gestionnaire de la « pirogue » de Bwambale Kakolele dans les profondeurs de Mayangose sur la rivière Semuliki. Ce terme codé désigne simplement le lieu de passage et de traversée les armes et munitions de Mayangose vers le Ruwenzori. Ceux qui ont assisté aux audiences de la Cour militaire opérationnelle à Beni se souviennent de l’affaire « Pêche ». Léandre et Adrien Zambali font des navettes entre le Ruwenzori et l’Ouganda. Adrien Zambali, alias lieutenant-colonel Muhumuza, est un sujet ougandais né des parents congolais d’Isiro (Mangbetu) ayant opéré dans la rébellion des Simba et de la LRA. Ils seront exécutés dans le district de Gulu par l’UPDF. Adrien Zambali a une triple dimension : ex-UPDF, APC et les ADF. Quelques mois avant la mort du général Lucien Bauma, le lieutenant-colonel Birotso Nzanzu conduit 3 combattants ADF dont Adrien Zambali, habillés en tenue FARDC avec des galons de colonel, chez le général Lucien Bauma. Il les présente comme des officiers de la 10ème Région militaire en vacances à Beni, venus pour saluer sa bravoure. Ils sont reçus par le général Bauma sans avoir été fouillés. La destin fera qu’ils renoncent ce jour-là à le tuer. En août 2014, peu avant le décès du général Lucien Bauma, le 18 août 2014 Adrien Zambali quitte la forêt et se rend à la MONUSCO (Bureau des Affaires civiles) Butembo. Il est reçu par le jeune frère du président FEC avant d’être escorté dans un char jusqu’à Beni chez les Népalais puis en hélicoptère spécial à Goma. Il fait des révélations sur les relations ADF-Shebbab somaliens et annonce la série des massacres. Curieusement, depuis Washington, Daniel Fahey, ancien du groupe des experts des N-U pour le Congo et travaillant pour le compte de l’Université de Californie, publie une série d’articles où il s’attaque à la section JMAC/MONUSCO pour s’être laissé berner par Adrien Zambali, un aventurier qui invente des récits mensongers pour se faire valoir. Les massacres des populations civiles débutent dans Mayangose, sanctuaire du chef Mboguma Kitobi et Léandre et suit effectivement l’itinéraire emprunté par les ADF depuis Mwalika jusqu’à atteindre l’axe Mbau-Oïcha-Eringeti. Lorsque les massacres débutent au niveau de Mayangose, le site Beni-Lubero.online publie des articles où Adrien Zambali est présenté comme officier recruté par le général Akili Mundos et fait partie de la 31ème Brigade de Défense Principale du général Mundos pour de sales besogne. En suivant la déclaration faite le 24 octobre 2014 sur Rfi, présentant le général Mundos à la fois comme commandant FARDC et commandant des ADF, on a sciemment oublié le parcours de combattant de celui qui s’entraînait dans la forêt de Watalinga (entre Mwenda, Kitchanga, Luanoli et Ndama) avec les officiers ex-APC à la même période où le mwami Bamukoka Saa Mbili dit avoir vu les prêtres de Mbau. La guerre asymétrique procède de la ruse et de la dissimilation mais également de la désinformation et de l’intoxication. Le général Lucien Bauma, cœur généreux adulé surtout par les veuves des militaires, accordait moins d’importance à sa sécurité. Il avait fait confiance au duo Birotso Nzanzu-Kamulete Jocker mais également à la cellule qu’animait Mme Sarah Muheha Shinga. L’ennemi est passé par ces personnes pour l’infiltrer. Il en fut de même pour le général Mundos. Le chef Mboguma Kitobi lui recommandait des pisteurs (guides) qui, en réalité, travaillaient pour les ADF. Ils conduisaient les FARDC jusqu’aux lieux des embuscades des ADF et disparaissaient. Lorsque le journal Les Coulisses rapportait la ruse et la dissimualtion utilisées par les ADF et leurs béquilles, ceux qui en tiraient profit l’accusaient d’ « être contre la communauté à laquelle ils appartiennent. » De n’avoir pas pensé à inclure le triangle Mughalika(Mwalika)-Watalinga-Eringeti dans la planification des opérations Sukola I et de n’avoir considéré que l’axe Mbau-Kamango, les FARDC ont donné l’occasion aux ADF et leurs acolytes de changer de stratégie en ramenant la guerre dans les agglomérations habitées. C’est ce qui s’observe jusqu’à ce jour : l’axe Mayanngose- Kitchanga-Semuliki est en ébullition.

A la mort du général Lucien Bauma dans des circonstances pas clairement élucidées, les démoralisateurs des troupes au front mirent les massacres sur le compte des FARDC et du général Mundos. Ils semèrent à dessein la confusion dans les esprits des gens particulièrement des militaires au front. Ils manipulèrent des experts des chambres climatisées avec de faux témoignages. Sachant qu’on aurait besoin de preuves à charge, ils cherchèrent comment en fabriquer. Le président du Kighanda/Beni, Prosper Nyamwesa se rendait régulièrement à la prison de Kangbayi pour ficeler des montages avec des capturés pour mettre les massacres au nom des FARDC. On connaît l’anecdote de Sarah Muheha Shinga. En mars 2015, le colonel Martin Kambale, T2 de Sukola I, emporté par le magnétisme de Mme Sarah, organise un dîner avec 5 convives, tous des ADF capturés à Goma. Il somnola durant tout le repas et ne sut pas ce qui s’ y était passé. Mme Sarah avait simplement intimé aux ADF de ne rien révéler aux Kafri. Ce comportement applaudi tacitement par de nombreuses personnes compliqua le bon déroulement des opérations, affaiblit le commandement et renforça les stratégies des ADF. En 2020, les massacres se poursuivent sans désemparer dans le silence total même de ceux qui avaient rédigé des rapports après s’être rendus compte que leur bonne foi avait été trompée. Parlant de la guerre asymétrique, Maô dit ceci : « L‘insurgé est dans la population comme le poisson dans l’eau. » Cela vaut pour les ADF. Voulait-on réellement d’une guerre contre les ADF ? Pas si sûr. Certaines personnes en tiraient profit. Voilà pourquoi il fallait à tout prix faire échec aux FARDC. Le général Mundos relevé du commandement des opérations et du front Sukola I en juin 2015, son successeur le général Marcel Mbangu Mashita en fera l’expérience plus tard.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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