Gén. Mbangu au front Mutara et la découverte de la vraie identité des ADF.

Gén. Mbangu au front Mutara et la découverte de la vraie identité des ADF.

8 ème partie

( Front Abialose, le général Mbangu, écharpe au cou, avec ses éléments : impasse !)

Après le départ du général Mundos et de deux de bataillons de la 31ème Brigade de Défense Principale (BDP) et après avoir cru conquérir l’estime des forces vives par la sensibilisation et le dialogue, le général Marcel Mbangu évalue les effectifs en terme de disponibilité, de blessés et de tués au front. Il arrive à la conclusion que la diabolisation des FARDC est à la fois une réponse au ressentiment et une ligne politique. Informé de la présence du groupe de Djaffar Kisokeranyo à Beni avec Hamza David (Donat Manzameli), le général Mbangu tente un premier bouclage discret du quartier Malepe sans succès. Les résultats sont maigres : quelques données informatiques trouvées à la résidence de feu Abdu Mufupi. Les FARDC sont en face d’un véritable ennemi de l’ombre jouant à la guérilla urbaine et rurale : développement de l’activité commerciale avec et dans la population, entretien de réseau avec des sympathisants, déguisement avec le port de l’uniforme des FARDC sans grade ni insigne, incendie des villages pour semer la peur et la terreur, aucune réclamation, embuscade dans la forêt contre les unités loyalistes. Ce qui lui permet de prendre la température de l’ennemi qui vit dans la population. Le général Mbangu passe à l’offensive. Durant près de trois mois, les FARDC accentuent la pression militaire sur les ADF qui répondent par des attaques de positions militaires pour leur ravitaillement. Après la bataille de Mayi-Moya considérée comme première épreuve de feu pour le général Mbangu, les FARDC s’engouffrent en deux groupes dans la forêt épaisse du Ruwenzori jusqu’à la crête du mont Abialose. Par Kisiki jusqu’à Mapobu et par Parking (récupéré par le général Mundos) au bas fond d’Abialose. Les loyalistes adoptent la marche tactique pour éviter de tomber dans des embuscades des jihadistes. Objectif avoué : fouiller partout pour faire jonction avec Canada-Madina récupéré par l’ennemi afin de le neutraliser définitivement. L’unité commando, partie du PK 5 en passant par Mapobu-Parking-Abialose, a la mission d’encercler l’ennemi. Ce qu’elle réussit enfin à réaliser. Pendant des jours et des nuits de combat, l’ennemi réussit à contenir les FARDC, les repoussant tantôt à gauche, tantôt à droite pour les déboussoler. Des combats intenses d’une rare violence engagées contre l’ennemi finissent par la victoire des FARDC. La vallée de Mutara, ce bastion stratégique des ADF, est démantelée et conquise. Les FARDC festoyaient au cri de victoire et RDC viva. FARDC, eloko makasi.

Le général Jean Baillaud (Commandant second des opérations MONUSCO) rend visite aux éléments du général Marcel Mbangu à Parking, après la prise de Mutara, et leur tient ses paroles restées comme un baume dans le moral des FARDC : «  Si vous pouviez avoir nos moyens, aucun ennemi ne résisterait devant votre bravoure, ni ici, ni ailleurs en Afrique. » Ce qui fut salué par des cris de joie et des pas danse en pleine forêt par les braves FARDC. FARDC, eloko makasi.

Au front, certains ADF tués et/ou capturés portent la tenue militaire FARDC les confondant aux troupes loyalistes. Que faut-il faire pour éviter la confusion et toute cette littérature de mauvaises langues qui ne croient pas à la cruauté de l’ennemi et qui mettent les massacres sur le dos des FARDC ? Fort du succès de Mapobu-Matara et de cette découverte, le général Mbangu adopte une nouvelle stratégie. Il fait demander et obtenir de l’État-major général le changement de tenue militaire passant de la tenue tache-tâche à celle verte. Mais c’était sans compter avec l’intelligence prévisionnelle de l’ennemi qui adopta la même tenue en moins de temps. Les ADF changèrent de stratégie, mieux revinrent sur leur stratégie appliquée du temps du général Mundos. Punir la population par la terreur. Les ADF partirent du Ruwenzori, au-dessus de la Semuliki, pour Mughalika dans le Bashu en traversant Mayangose, « Rizerie », Païda et Rwangoma. Sur leur chemin, ils furent des victimes civiles. Le nombre de civils tués s’accrut davantage. La notabilité de Beni qui ne voit pas ce qui se passe au PK 20 et ne mesure pas le sacrifice des soldats crie sur les FARDC. Elle reprend la campagne de dénigrement, de désinformation et d’intoxication. Au profit de l’ennemi : « Les éléments du général Mundos reviennent massacrer la population au moment où le général Mbangu combat. » Face à la mauvaise foi manifeste doublée de méchanceté, on ne peut rien. Ceux-là ont choisi pour métier de compter les morts et de rédiger des rapports en lieu et place du soutien aux opérations menées par les FARDC.

La victoire des FARDC sur Mutara fut l’une de plus grandes après la prise de Madina par le duo des généraux Bauma et Mundos. Malheureusement, elle se déroula en pleine forêt loin des regards des incrédules. Bien plus, le général Marcel Mbangu est cet officier FARDC qui révolutionna le front en utilisant les NTIC avec des GPS pour localiser l’ennemi en temps utile. Ce qu’on appela « accalmie » dans la cité parce que les tueries des civils avaient diminué était tout le contraire du front où mourraient des compatriotes en uniforme ayant voué leur vie à la cause noble de la défense du territoire national et de sa population. Les FARDC faisaient face à un terrorisme des islamistes ADF. Ce, dans l’indifférence totale et criminelle de la communauté internationale. Pire, dans l’aveuglement de certains compatriotes originaires du milieu manipulés par des « experts » qui pompaient des rapports contre les FARDC et qui niaient/nient jusqu’à ce jour la nébuleuse ADF devenue, à partir de 2016 Madina at Tauweh Wal Muhahedden (MTM).

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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