GEC réussit son coup. la journaliste Gisèle Kaj exfiltrée de Goma.

GEC réussit son coup. la journaliste Gisèle Kaj exfiltrée de Goma.

(Pour des raisons de sécurité, nous préférons, à celle de Gisèle Kaj, la photo des enfants dans le camp d’entraînement de MTM à Madina).

Jeudi 25 février 2021. Restaurant Liga. « Je vous présente le journaliste Nicaise ». Après des salutations d’usage, un monsieur lance : « Félicitation pour le travail fouiné que tu fais. Mais tu sais, à cause de toi, l’emploi de la journaliste Gisèle Kaj est vraiment menacé. Il y a beaucoup de pressions sur ses chefs directs pour la virer. Pour des raisons de sa sécurité, elle a quitté Goma. »

Pas très étonné, j’ai préféré ne pas répondre. Vendredi 26 février 2021, j’ai envoyé quelqu’un faisant semblant d’avoir eu un RDV avec elle. A la guérite, on lui a fait savoir que Gisèle Kaj ne vient plus à la Rédaction depuis près de 5 jours. L’on comprend que Jason Steans, directeur du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) et qui connaît les rouages de la MONUSCO a réussi son coup. En déversant sa haine sur la journaliste Gisèle Kaj, GEC a permis à tous les extrémistes de s’attaquer à notre consœur avec des messages d’injures, de haine et de menaces de mort. La MONUSCO, ne voulant pas revivre les cas de Serge Maheshe et Didace Namujimbo, a cru bon l’éloigner de Goma. Ce qui est une bonne chose. Mais elle a oublié que parmi ceux qui en veulent à la journaliste Kaj, il y a d’abord GEC qu’il faille dénoncer. Pourquoi garder silence ?

GEC et d’autres officines se sont partagé le monopole des enquêtes et rapports sur la RDC. Ils sont « experts en tout » sur le Congo et n’acceptent pas qu’un Congolais, quelque soit son expertise, ne mène des investigations sur son propre pays. Au demeurant, ils se sont arrogé toute la vérité sur la nébuleuse ADF/MTM et sur les FARDC. Ils peuvent écrire n’importe quoi et n’acceptent pas la contradiction. Ils connaissent du bout de doigt de la main ceux qui tuent à Beni. Ils sont à la base de la confusion sur l’identité des tueurs de Beni. Or, le livre « Jihad en RDC. Exhortation, témoignages et vitalité des ADF/MTM » Éditions Scribe/Bruxelles (2019) du journaliste d’investigation Nicaise Kibel’Bel Oka dont Gisèle Kaj a tiré quelques phrases dégage la vitalité de cette nébuleuse MTM avec des réseaux, des liens même au sein du système des Nations-unies. Preuves à l’appui. Ce qui rend impossible sinon difficile toute solution tendant à mettre fin aux massacres de populations. Ce qui pousse certains compatriotes, dans cette « colonisation » de l’esprit, de crier sur l’incapacité des FARDC à vaincre l’ennemi qui se sent revigoré dans cette guerre asymétrique avec sa version hybride : le business. Ce dont certains lobbies se réjouissent tant ils tirent profit du désordre des êtres et des choses dans l’est du Congo singulièrement dans le Grand Nord de la province du Nord-Kivu.

La MONUSCO a cédé aux pressions et caprices de GEC sur la journaliste Gisèle Kaj. Or, la journaliste Gisèle Kaj a usé de son droit le plus imprescriptible que soutiennent les États au-dessus desquels les Nations-unies. L’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme (DUDH) est clair ainsi que celui édicté par la Convention internationale relative aux Droits Civiques et Politiques (CIDCP) (article 19 -2) : « Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée, ou par tout autre moyen de son choix. ». GEC combat la liberté d’expression au motif que les écrits du journaliste Kibel’Bel Oka portent atteinte à la réconciliation entre Congolais. Peut-on avoir réconciliation sans justice  pour les victimes ? Que reproche-t-on à la courageuse journaliste Kaj ? Pourquoi tant de haine ? Pourquoi la menacer de mort et chercher même sa révocation de la Radio Okapi ? Gisèle Kaj a usé de son droit le plus légitime. Bien plus, la liberté d’expression n’aurait pas de sens si elle protégeait uniquement les déclarations qui font l’objet d’une acceptation générale (encore que sur le jihad islamiste en RDC toutes les preuves sont réunies). Le Secrétaire général des Nations-unies qui a reçu en cadeau un exemplaire de ce livre est convaincu du terrorisme islamiste des MTM tout comme les États-Unis comme l’a attesté leur ambassadeur. Les deux personnalités l’ont déclaré publiquement. Ce n’est pas à cause de Nicaise que notre consœur Gisèle Kaj est malmenée et soumise à la clandestinité. Gisèle Kaj est en clandestinité parce que certaines personnes refusent de reconnaître le terrorisme islamiste des MTM et se complaisent à ce que cette situation perdure. De la sorte, toute personne qui en parle est menacée dans son intégrité physique et morale. Il est regrettable que GEC tombe dans cette bassesse. Dans le même livre (page 27), il y a la lettre de menace d’une certaine Léa Britain du 25 juillet 2015, à l’époque Chef adjointe chargée de l’investigation MONUSCO/Goma. Si vous voulez manger des sandwich et hambourger avec les experts, ne parlez pas des MTM. L’on se rappelle du sort réservé à Bwanakawa Masumbuko Nyonyi, président du comité urbain de sécurité et maire de la ville de Beni. On est témoin des injures contre le journaliste Nicaise Kibel’Bel Oka. Le journalisme (d’investigation) est un métier réservé aux courageux, aux clairvoyants et non aux faibles et paresseux, ne cesse de le répéter Kibel’Bel Oka quand il donne des formations sur le journalisme d’investigation par hypothèse. Aujourd’hui, c’est le tour de la journaliste Gisèle Kaj. Elle a exercé le droit à la liberté d’expression que les Nations-unies qui se trouvent être son employeur protègent à travers le Bureau conjoint des Nations-unies pour le droit de l’homme (BCNUDH). L’on doit s’étonner du silence des médias de la RDC sur le sort injuste que subit notre consœur Kaj. On doit se demander sur le silence de la Radio Okapi, sur l’attitude de JED, celle du BCNUDH, de RSF/Afrique, la société civile et de tant d’autres. N’attendez pas que le pire arrive pour verser les larmes du crocodile. Cette fois-ci, le bourreau est bien connu, GEC et ses alliés.

Pour notre part, la Rédaction du journal Les Coulisses reste solidaire de la journaliste Gisèle Kaj. Elle lui envoie ce message de réconfort moral où elle se trouve : sois forte et courageuse. Tu n’es pas seule. La où la MONUSCO se sent incapable de te protéger, Gisèle, tu te rappelleras du psaume 22 : « Le Seigneur est mon berger. Je ne manquerai de rien. »

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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