Félix Tshisekedi en proie à devenir « otage » de l’est.

Félix Tshisekedi en proie à devenir « otage » de l’est.

Le gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita a annoncé et confirmé dimanche l’arrivée lundi 5 octobre à Goma du Président de la république, Félix-Antoine Tshisekedi et a exhorté la population de lui réserver un accueil chaleureux. Cette visite maintes fois annoncée et reportée serait attendue avec l’espoir de tout un peuple (de l’est) qui ne sait plus à quel saint se vouer devant la complexité des problèmes auxquels il fait face dont l’insécurité récurrente et la violence qui en découle. L’enthousiasme observée de la part du gouverneur Carly Nzanzu Kasivita dans l’annonce de la venue du Chef de l’État pourrait amener à se poser moult questions. La première est celle-ci : « Fatshi vient faire quoi à Goma, même si c’est de son droit le plus légitime ? » Cela sous-entend, celle de la solution miracle attendue par tous que les autorités qui le représentent au niveau provincial ne sauront résoudre. Mais la vraie question reste celle de la mission d’un Chef d’État dans la gestion de son pays. Elle est peut être formulée en deux termes.

Primo, depuis bientôt deux ans qu’il a été élu à la tête de la RDC, Félix-Antoine Tshisekedi a déjà visité combien de province sur les 26 ? Subséquemment, combien de fois il a déjà été dans le Kasaï, la province de son défunt père ? Pour ne citer que le Kasaï, son fief naturel.

Le Président de la république, en se substituant aux autorités de certaines provinces et en faisant comme si la RDC n’avait que l’est comme provinces et problèmes, risque (s’il ne l’est pas encore et déjà) de tomber dans le piège et de se faire « otage » de l’est du pays dont les problèmes, par la nature de leurs complexités, ne trouveront jamais des solutions durant son mandat. Tous ces voyages, utiles soient-ils, contribuent à faire de Fatshi l’otage des problèmes de l’est. Au finish, Félix-Antoine Tshisekedi risque de terminer son (premier) mandat dans un déséquilibre politico-administratif et sécuritaire. Il risque de n’avoir ni le temps matériel, ni les moyens de faire sa politique sur toute l’étendue du pays et donc, d’échouer lamentablement. Les observateurs du paysage politique de la RDC notent que l’actuel Président de la république n’utilise que deux axes de déplacement depuis qu’il est là, l’extérieur (Occident) et à l’intérieur (Kivu-Ituri) comme si tout le sort du pays ne dépendait que de cela. Et ce serait une erreur d’appréciation.

L’est du pays, englué dans des problèmes dont les solutions attendent la venue du Christ, sera un élément qui portera le coup de massue au bilan de la gouvernance de Fatshi. Son échec, comme ce fut avec son prédécesseur Joseph Kabila qui avait dépensé toute son énergie aux problèmes de l’est avant d’être contesté et vomi d’abord par l’est, participera à sa non élection pour un second mandat s’il n’est pas humainement trop fatigué. La RDC, ce n’est pas seulement le Kivu et l’Ituri. Les problèmes de l’est de la RDC ne datent pas de la période Mobutu ni du roi des Belges, Baudouin 1er . Cléophas Kamitatu Massamba, l’un des pionniers de l’indépendance, nous déclarait, au lendemain de l’élection de 2006 : « Les problèmes du Kivu résident avant tout dans l’hypocrisie des Kivutiens. Tout le reste n’est que la conséquence. Vous y allez de bonne foi, vous en sortez ridicule, désemparé et épuisé. Le Kivu laisse un goût amer surtout aux gens de l’ouest ». Ceci tient pour leçon de sagesse. L’est du pays, c’est pourtant et paradoxalement la partie de la RDC où le développement fait concurrence à l’insécurité et s’acclimate à la violence. Il est temps que le Président de la république s’en souvienne et établisse un agenda équilibré pour des tournées dans tout le pays. Sinon, l’avenir nous donnera raison.

Jutsin Honlay

Les Coulisses

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *