FARDC, 8ème armée africaine, face au terrorisme islamiste MTM.

FARDC, 8ème armée africaine, face au terrorisme islamiste MTM.

 

(6ème partie)

(2015. Des soldats FARDC affrontent les courants de la rivière Semuliki à la conquête des positions ADF/MTM)

En 2018, les FARDC ont été classées 10ème armée en Afrique selon les 150 critères retenus dans le classement des armées du monde. Le classement suivait cet ordre : Égypte, Algérie, Éthiopie, Nigeria, Afrique du Sud, Maroc, Soudan,, Angola, Libye et RDC. En 2019, elles ont évolué pour occuper la 9ème place et en 2020, les FARDC occupent la 8ème place des armées en Afrique. Cette montée en puissance de notre armée est le fruit des réformes engagées depuis 2009 pour faire des FARDC une armée professionnelle, dissuasive ayant pour mission de protéger l’intégrité territoriale. La professionnalisation de l’armée procédait par un ensemble des textes législatifs pour lui donner toute la légitimité dans l’action. Les FARDC se trouvaient engagées dans différents fronts : M23, FDLR, LRA à Dungu. La réforme tablait aussi sur la formation des unités de couverture pour la surveillance du territoire national, des unités de réaction rapide (URR) projetables sur tous les théâtres des opérations et la Brigade de Défense Principale (BDP). Pour ramener les unités proches de théâtre des opérations et raccourcir le temps d’intervention, le Commandant suprême créera 3 zones de défense. Les résultats ne furent qu’encourageants. En 2018, les FARDC étaient proclamées 1ere armée de l’Afrique subsaharienne, 3ème armée (totalement noire) de l’Afrique noire après le Nigeria et l’Angola et 10ème armée africaine. Depuis les opérations contre le M23, la RDC a généré une force qui a montré les capacités d’aller jusqu’au bout des groupes armés. Au niveau de la formation, la hiérarchie a instauré les cours d’éducation civique pour protéger la population et les règles d’intervention ( Plan d’action pour lutter contre les enfants, contre les violences sexuelles, le Droit internationale humanitaire -DIH) donnant une valeur comportementale sur la conduite au front. L’avantage et la fierté des FARDC résident en ce qu’elles se battent avec ses propres moyens, contre des ennemis de toutes natures croisant le fer avec des armées de certains pays qui instrumentalisent les groupes armés, contre les terroristes jihadistes et côtoient une bonne vingtaine d’armées d’expérience dans le feu. Au front, les jeunes soldats se mesurent à l’ennemi dans l’endurance et la bravoure. Malgré tout cela, on compte des compatriotes qui se moquent des FARDC ou qui ont pris un vilain plaisir à vilipender les FARDC voire à rédiger des rapports envoyés en Occident contre leur armée nationale. On l’a vu encore récemment lors des manœuvres militaires avec l’Angola.

Lancées sur le théâtre des opérations contre les ADF, présentés abusivement comme des « rebelles ougandais », les FARDC n’avaient pas pris en compte l’essence « médiatique » des guerres actuelles basées sur la manipulation, la désinformation et l’intoxication. Aussitôt la guerre lancée, l’armée loyaliste s’est confrontée à une diabolisation inimaginable de la part de certains compatriotes et des ONG. Sur le terrain des opérations Sukola I contre les terroristes jihadistes de MTM, les FARDC ont été surprises de rencontrer un ennemi qui fondait toute sa stratégie sur la guerre asymétrique et les tactiques de la guérilla urbaine et rurale. Malgré ce fait de nature à compliquer les opérations et à entamer le moral de la troupe, les FARDC se sont battues et tiennent encore bon sur le front depuis 6 ans. Elles se battent également avec des forces supplétives qui servent de béquilles aux ADF/MTM. La volonté de vaincre l’ennemi est manifeste et déterminante. Et ce, malgré des pertes dans ses rangs, des blessés de guerre et des soldats et officiers morts sur le champ d’honneur. Tous les commandants au front Sukola I depuis Bauma-Mundos (avec leurs collaborateurs Muhima et Chirimwami), Mbangu-Sikabwe (Moyo et autres), Chiko-Nduru et leurs successeurs ont été dans les profondeurs de cette forêt impénétrable qu’est le Parc national des Virunga, traversant rivières et ruisseaux à pieds ou à la nage, suant eau et sang dans le seul et unique but de donner la paix à des compatriotes et de libérer certains coins du pays de la présence des terroristes islamistes de MTM.

Les observateurs neutres qui ont visité le front sont unanimes à reconnaître cette réalité : « Si les FARDC étaient bien équipées à la manière des soldats de la MONUSCO/FIB, on n’aurait plus besoin de cette MONUSCO. La MONUSCO possède tout en quantité par rapport aux FARDC. Les FARDC ont de vaillants hommes qu’il faut bien équiper et encadrer. »

L’équipement doit dépendre et répondre aux réalités de la guerre asymétrique et de la lutte contre le terrorisme jihadiste dans lesquelles les moujahidin de MTM opèrent clandestinement, en surgissant dans l’ombre pour lancer des opérations meurtrières et destructives, déchaînant la violence sous forme des raids éclairs sur des villages entiers. Le Chef de l’État, en sa qualité de Commandant suprême, a l’obligation d’équiper les FARDC et de mettre à leur disposition les moyens nécessaires pour gagner cette guerre. Dans ce combat contre la balkanisation de la RDC, les FARDC sont généralement seules alors qu’ailleurs, le monde politique, institutionnel ou non, opposants ou non, se mobilisent pour leur armée. A Kinshasa, l’on se bat pour « demeurer majoritaire » sans se préoccuper de l’est qui brûle. Sans se soucier de ces soldats congolais oubliés dans la forêt du Ruwenzori. Souvent sans ration adéquate. Ailleurs, les grandes puissances viennent à la rescousse de ceux qui se battent contre le terrorisme jihadiste. En RDC, l’armée est seule contre tous, faisant l’objet d’injures, de moquerie et de calomnie, des rapports fantaisistes de demande de sanctions comme si personne ne voyait venir différents plans de la déstabilisation du pays. On crie à la balkanisation du pays sans prendre soin des FARDC qui sont le dernier rempart. « Qu’on écoute cette armée. Qu’on la respecte, même si on ne l’aime pas.  Qu’on respecte la mémoire de tous ces soldats et officiers morts au front.» pour une cause noble, la défense de la patrie qui est en danger.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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