Éviter le piège de la balkanisation

Éviter le piège de la balkanisation

Le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi s’est adressé à la nation pendant 7 minutes. A la fin de son adresse, je me suis surpris en train d’applaudir. C’est un peu tard dans la nuit quand je suivais le documentaire sur le pape Jean XXIII sur KTO que j’ai compris le pourquoi de ce sentiment qui m’a animé. En effet, lorsque le pape Jean XXIII décide de convoque un Concile, son entourage immédiat n’est pas d’accord et le boude. L’un de plus proches collaborateurs du pape finit par lui poser la question : «  Saint Père, c’est quoi un concile et à quoi ça sert ? » Le pape le regarde puis lui répond : «  Il est impératif que l’Église puisse s’ouvrir au monde entier. Elle doit chercher ce qui unit plus que ce qui divise. Elle doit pardonner parce que nous sommes tous les enfants d’un même Dieu ».

A la fin de l’adresse du Chef de l’État à la nation, certains esprits (même au sein de la coalition FCC-CACH) se sont moqués du président de la république parce que, croient-ils, il n’a pas pris des décisions fortes dont celle de dissoudre le Parlement. Il ne l’a jamais annoncée, par ailleurs.

Notre pays vit une de plus sombres périodes de son histoire aggravée par des menaces d’implosion. Elle fait face à trois dangers réels : le terrorisme islamiste et les groupes armés locaux et étrangers, la balkanisation et Minembwe, et l’insouciance de la classe politique face aux enjeux de la gouvernance mondiale. A ceci, s’ajoute le blocage de la centrale électorale (CENI). Le gouvernement tourne en rond. Le Parlement, jouant à la défensive, passe son temps à bouder le Chef de l’État. Le peuple est dans un sommeil cataleptique. La société civile, noyée dans ses contradictions, est devenue aphone. Peut-on être sourd jusqu’à ce niveau pour vouloir une autre crise avec risque de faire enflammer la nation ? En temps de crise , qui irait combattre à l’est du pays ? Comment peut-on souffrir de cécité pour ne rien voir ni sentir le danger qui guette le pays dans ses limites héritées de l’indépendance ?

Le président de la république a été d’une sagesse exemplaire dans son adresse pour éviter à la nation d’autres distractions. Il doit consulter la classe politique congolaise. En tant que garant de la nation, il ne doit pas se fatiguer à ouvrir les bras comme le Christ. Être élu ne confère pas l’autorité depuis que l’élection a cessé d’être un sacrement de la démocratie. Depuis qu’elle est contestée par tout le monde y compris l’Église. Le pape Jean XXIII ajoutait : « Je crois au dialogue même là où j’entends imposer ma volonté en tant que pape ».

La nation est la chose commune par excellence. Quand elle est en danger, on doit oublier cette classe fondamentalement satisfaite des privilèges reçus qui tient à garder les privilèges (indûment) acquis et s’occuper du peuple qui crie à la justice distributive et à la bonne gestion de la chose publique.Tous ceux qui se sont moqué de l’adresse du Chef de l’État la jugeant vide de sens n’ont rien compris. S’ils sont dans le FCC, ils sont plus à plaindre qu’à blâmer. S’ils sont à et de l’est du pays, il faut prier pour eux. La paix n’a pas de prix.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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