Dossier général Kahimbi. Le parquet militaire dessaisi?

Dossier général Kahimbi. Le parquet militaire dessaisi?

On l’a appris presque par surprise à travers Rfi. Le parquet militaire aurait été dessaisi des enquêtes sur le décès du général-major Delphin Kahimbi au profit de la justice civile. Il y a lieu de s’interroger sur les motivations ayant conduit à une telle décision. L’on sait que la mort « inopinée » de cet officier est entourée d’un flou artistique et d’une volonté de ne pas y apporter toute la lumière. L’on pouvait se taire et oublier mais depuis l’affaire des lanceurs d’alerte contre le juif Dan G., la justice congolaise n’arrête pas de surprendre. Dans l’affaire du millionnaire juif, le ministère public et la parie civile avaient requis des peines ordinaires. On ne saura jamais la motivation qui a guidé le juge jusqu’à prononcer la peine de mort. L’on sait que le dossier du décès du général Kahimbi était entre les mains de l’Auditorat général des FARDC qui avait même interpellé des officiers militaires soupçonnés avoir participé à cet acte qualifié d’assassinat. Dessaisir le parquet militaire pour la justice civile juste quelques semaines après le décès de Auditeur général des FARDC, Tim Munkuto laisserait entendre que des officiers militaires arrêtés auraient été libérés après le décès du général Tim Munkuto. D’où toute une série de questions. 1. Ceux qui avaient désarmé nuitamment le général Kahimbi étaient-ils de braves civils ? 2. Ceux qui avaient récupéré les téléphones de l’infortuné étaient -ils aussi des civils ? 3. Ceux qui avaient exfiltré le domestique-cuisinier d’origine burundo-rwandaise du général Kahimbi étaient -ils aussi des civils ? 4. Assiste-on à une mascarade qui aboutirait à une parodie de justice ? Possible.

Pour rappel, le couple Brenda- Delphin Kahimbi avait bénéficié des services, selon des sources fiables, d’un cuisinier en provenance du Burundi six mois avant la mort du général. Aussitôt le général retrouvé dans sa chambre sans souffle, ce cuisinier avait été déplacé et gardé en sécurité par l’épouse du général Kahimbi chez un pasteur de l’Église Bima aujourd’hui arrêté. Autour de ce cuisinier, de nombreuses questions se posent. Un Burundo-rwandais, comment est-il arrivé à Kinshasa ? Qui l’avait recruté ou présenté à la famille ? En quelle langue communiquait-il avec les membres de la famille et le défunt ? Pourquoi un « cuisinier expatrié » malgré son expertise pour des mets spécialisés que la famille affolés alors que les originaires du Kwilu/Bandundu dont est issue l’épouse sont réputés être de bons travailleurs ou même à Gbado-Lite, le maréchal Mobutu avait laissé des cuisiniers qui chôment ? Comment est-il parvenu à quitter le pays s’il ne disposait pas de passeport ? La veuve Brenda et sa mère sont toujours en résidence surveillée depuis l’enterrement du général son époux, enterrement auquel elle avait brillé par son absence arguant qu’on la tuerait si jamais elle y assistait. Le pasteur aussi serait détenu pour des raisons d’enquête. A ce jour, il est curieux de constater qu’aucun homme en uniforme n’est soupçonné dans ce dossier de mort d’homme, d’un général. Cette affaire ressemblant à une tragi-comédie rappelle celle du tout puissant général ougandais James Kazini, né à Karuruma dans le Bashu en territoire de Beni, qui avait dirigé le corps expéditionnaire de l’UPDF (armée ougandaise) en RDC et connu notamment comme l’homme à la base affrontements en plein Kisangani entre les armées rwandaise et ougandaise (la guerre de 6 jours) et cité dans le pillage des ressources de la RDC dans des rapports du Panel des experts des Nations-unies. Pour le vilipender et le désacraliser, les sources officielles avaient affirmaient que le général James Kazini avait été tué par un coup de boxe de sa concubine. Un général tué par un coup de point d’une femme, de surcroît civile ? Tout est possible sur cette terre des hommes où les femmes revendiquent l’égalité avec les hommes.

Les meurtres prémédités, on le sait, sont d’abord classés selon le degré de vigilance de la victime. A-t-elle des gardes du corps ? Puis, selon qu’ils doivent être tenus secrets ou reconnus comme des assassinats, et selon qu’il convient ou non de sacrifier le tueur. À chaque contexte son profil d’assassin. Il faut quelqu’un de courageux, de déterminé et d’ingénieux dans tous les cas. Vraisemblablement et dans le cas du général Kahimbi, on veut laisser les assassins filer en douce. Quelqu’un a même suggéré qu’on arrête avec cette affaire. Après la mort, il n’y a plus d’urgence. Et toute parodie de procès sera alors vécue comme une deuxième mort du général Kahimbi.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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