De la difficulté d’être FARDC dans le Grand Nord.

De la difficulté d’être FARDC dans le Grand Nord.

( Le Gén-maj. Peter Chirimwami avec ses hommes en pleine opération dans le Ruwenzori.)

Les députés du Grand Nord de la province du Nord-Kivu, reçus par le Chef de l’État lors des consultations, avaient demandé entre autre que le Commandement des opérations Sukola I soit confié à un originaire du Grand Nord, espace compris entre Kanyabayonga et Eringeti (Lubero-Beni). De la sorte, selon leur dire, l’insécurité prendrait fin. Car, d’après eux, il n’y a qu’un originaire du Grand Nord qui soit capable de mettre fin à l’insécurité et à l’activisme des terroristes islamistes MTM parce qu’il la comprend mieux que les autres. Or, les mêmes personnes ne reconnaissent pas les ADF/MTM comme groupe terroriste jihadiste et imputent les massacres de la population aux FARDC. Peut-être seront-ils entendus et le Commandant suprême finira par nommer soit le ministre de la Défense, soit le Commandant Sukola I ou aux deux fonctions des originaires du Grand Nord.

Un observateur déclarait il y a peu ceci : « Le général Marcel Mbangu était mieux placé pour finir avec les ADF/MTM si certains notables et politiciens du Grand Nord l’avaient voulu. Ayant pris en compte la réalité de la menace, le général Mbangu avait allié l’action politique à l’action militaire avec efficacité. Il sortait pour ainsi dire de la logique selon laquelle la guerre est exclusivement militaire. Malheureusement comme avec le général Akili Mundos et les successeurs du général Mbangu, les FARDC sont butées à un mur d’intoxication, de désinformation et de démoralisation et découvrent sur le terrain que les réalités de la guerre dépassaient leur simple volonté d’en finir. »

Dans la nuit du 11 au 12 décembre 2020, la localité Mabondo-Nzenga dans le Ruwenzori a été attaquée par des ADF/MTM. Le bilan avancé est d’une vingtaine de personnes tuées et d’autres portées disparues parmi lesquelles le journaliste Muhindo Manzikala Pius de la Ruwenzori Voice Radio (RVR) dont l’honorable Jaribu est président du Conseil d’administration. La polémique s’est emparée sur la sort du journaliste. Deux jours après, la presse en ligne publie les déclarations de l’honorable Jaribu Muliwavyo dont la teneur n’a d’égale que la haine contre les FARDC. En voici les extraits : « ALERTE ! (…) Mon cousin, ils l’ont sérieusement passé à tabac et l’ont ligoté à mort de la même manière qu’opèrent les ADF avant d’achever leurs bourreaux. (…) On accuse ma concession d’héberger les contingents de la MONUSCO (…) C’est moi qui étais la cible de cette sauvagerie qui écume mon territoire d’origine. (…) On demande la population d’aimer l’armée. (…) est-ce que ce jeune oubliera cette scène de torture. Est-ce que j’oublierai mes chèvres et autres biens pillés ?…. »

Que s’est-il passé réellement pour vomir toute la haine sur l’armée citant même le commandant FARDC sur place ? Après l’attaque de la localité Mabondo-Nzenga, la population a pensé que les assaillants pouvaient se cacher dans la concession d’un hectare de l’honorable Jaribu et a alerté les FARDC pour la fouille qui n’a rien donné. L’honorable Jaribu, en bon manipulateur, a simplement déclaré que les FARDC étaient à la recherche des casques bleus de la MONUSCO dans sa concession. Dans quel but ? S’attirer la sympathie de la MONUSCO et comme toujours salir les FARDC. Une source de la MONUSCO nous a déclaré qu’on avait demandé des photos de sa maison pillée et de la casse, Jaribu était incapable de les produire. Simplement parce qu’il n’y a jamais eu de casse. Le lendemain de cette alerte, le général-major Peter Chirimwami, Commandant Sukola I est descendu sur le lieu pour s’enquérir de cette grave accusation. Il a rencontré le jeune cousin de l’honorable Jaribu en pleine forme déclarant même qu’il n’a jamais été battu. Il a déclaré à notre Rédaction avoir été bien accueilli et a loué la générosité de cette population à l’endroit de l’armée loyaliste. Résultats : R.A.S. Contacté par notre Rédaction, l’honorable Jaribu a refusé de démentir son intoxication. Il sied de rappeler que le général-major Peter Chirimwami vient d’installer son poste de commandement momentané à Mutwanga pour traquer les inciviques qui opèrent sur cet axe.

Difficile d’être FARDC dans le Grand Nord du Nord-Kivu. Toutes les stratégies mises en place pour terminer avec l’insécurité et la violence sont attaquées en aval et/ou en amont par certains notables. La population, on le sait, dans toute guerre surtout asymétrique, reste l’enjeu principal. Cette population est prise en otage dans le Grand Nord par un groupe de gens. De la sorte, il est difficile dans ces conditions pour les FARDC de détruire la base sur laquelle reposent les ADF/MTM, c’est-à-dire la prise en otage de la population nourrie par l’intoxication, la désinformation et une certaine haine contre les FARDC. L’objectif poursuivi est simple : détacher la population de l’autorité et donc, mettre tous les massacres sur le compte des FARDC.

Imaginez un seul instant qu’un « expert international sur la RDC » se fiait aux déclarations de l’honorable Jaribu, le colonel Commandant des FARDC à Mutwanga et/ou le général Commandant Sukola I verraient leurs noms dans un rapport exigeant des sanctions contre eux. Comme les FARDC sont toujours cette grande muette même au XXIème siècle, elles ne peuvent ni solliciter ni obtenir le démenti sur ce préjudice subie (Verba volant, scripta manent). Défaire les FARDC ou agenda caché ? Voilà qui justifie la demande pressante de nommer un Ministre de la défense et/ou un Commandant Sukola I originaire du Grand Nord. Félix-Antoine Tshisekedi accédera-t-il à cette demande qui cache mal les idées de balkanisation du pays ? On peut tout dire, tant que les soldats qui meurent au front pour sauver la vie de leurs compatriotes ne mériteront pas de considération, cette guerre contre le terrorisme laïc et religieux ne prendra jamais fin. Jusqu’à la balkanisation du pays. Évoquer cette stratégie de diabolisation vaut tant de mépris, d’injures et de haine. Nous devons du respect, beaucoup de respect à nos soldats au front, abandonnant leurs familles pour le sacrifice suprême.

Mathias Ikem

Les Coulisses

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