Condamnation de Cheka. Le ministre des droits humains réitère ses encouragements à la Justice militaire.

Condamnation de Cheka. Le ministre des droits humains réitère ses encouragements à la Justice militaire.

La sentence est tombée vers 17 h30. Cheka Ntabo Ntaberi et Nzitenda Habimana écopent d’une perpétuité pour des faits insurrectionnels et des violations graves des droits humains et du droit international humanitaire dont les viols massifs dans le territoire de Walikale. Aussitôt la sentence prononcée par le colonel magistrat Nsa Obal, Premier président de la Cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu, les voix se sont fait entendre pour saluer le travail réalisé par la justice militaire. Le premier, c’est Me André Lite, Ministre congolais des Droits humains a réagi en ces termes : «  Le Ministre des Droits humains s’en félicite et réitère ses encouragements à la Justice militaire qui ne fait guère l’économie de ses efforts pour poursuivre les auteurs présumés des crimes graves à travers tout le territoire national. » De nombreuses personnes notamment les victimes de la barbarie de Cheka Ntabo Ntaberi se sont dit satisfaites de cette condamnation et ont émis le vœu de voir la justice militaire s’engager davantage dans la poursuite des criminels afin de mettre hors d’état de nuire d’autres opérateurs de violence qui écument l’est du pays. Pour d’autres personnes, cette condamnation devrait aussi servir à décourager les réfractaires qui croient qu’ils peuvent continuer à narguer tout un peuple.

Le chef de guerre et fondateur de la milice Nduma Defnce of Congo (NDC), Cheka Ntabo Ntaberi (sur la photo en costume noire au début des audiences en 2018 ) était poursuivi pour mouvement insurrectionnel, association des malfaiteurs, assassinat, tentative d’assassinat, crime de guerre par meurtre, viol, esclavage sexuel, pillage, destructions des biens, atteinte à l’intégrité physique et enrôlement d’enfants de moins de 15 ans. Sur lui et ses acolytes, la Cour militaire opérationnelle a recensé plus de le viol de 400 filles et femmes, plus de mille maisons et boutiques brûlées, plus de 600personnes tuées et l’enrôlement de près de 150 mineurs. Toutes les peines réunies, la Cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu siégeant au premier et dernier degré, a pris la plus forte qui se résume en une condamnation à perpétuité de Cheka Tabo avec son acolytes Nzitenda Habimana alias Lionceau (un FDLR), Lulambo Jean Claude alias Kamutoto (15 ans de SPP) et Ndoole Batenchi, l’infirmier de Cheka, a été acquitté et libre de toute poursuite.

Pour rappel, Cheka Ntabo Ntaberi, ancien négociant en minérai autour de Bisié dans le territoire de walikale, est né en 1976. pasteur en ses heures perdues, il lance en 2007 sa rébellion du nom de « Mouvement contre les 45 mille familles Tutsi- M45) » qui devraient être déployées dans Walikale, selon une forte rumeur répandue à l’époque. Il veut protéger Walikale contre une éventuelle invasion des Rwandophones. Adulé par la communauté qui trouve ne lui un vrai défenseur de sa cause, il crée Nduma Defence of Congo (NDC) en 2008 mais ne tarde pas à s’écarter des objectifs qu’il s’était assignés. Il mange à tous les râteliers alternant des alliances avec les FDLR et le CNDP et Kigali. En juillet 2010, il est accusé des viols de masse à Kibua et Luvungi et se présente en 2011 à la députation nationale. Recherché, il se rend finalement à la MONUSCO le 27 novembre 2017. Il sera enfin livré aux autorités militaires congolaises qui le garderont momentanément à Kinshasa pour des raisons de sécurité. Son procès ayant bénéficié de l’appui du BCNUDH, de la Cellule d’Appui aux Poursuites et de la Section d’Appui à la Justice de la MONUSCO, débute un certain 27 novembre 2018 et a connu au total 107 audiences jusqu’à son dénouement définitif. Ainsi d’un Cheka passe d’un puissant seigneur de guerre adulé au prisonnier solitaire et méconnu. La fin d’un mythe. Ainsi va la vie.

Les Coulisses

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