Belgique-RDC. 75 ans de la Force publique, un court métrage et débat en visioconférence.

Belgique-RDC. 75 ans de la Force publique, un court métrage et débat en visioconférence.

75 ans de la Force publique, un résumé de l’ histoire du Congo Belge (de l’État indépendant du Congo au Congo Belge), à travers un court métrage commenté par Jean-Michel Sterkendries (École royale militaire belge), général-major Claude Paelinck ( Ancien de la Force publique), Général de Brigade Eva Kakule Somo (FARDC) et Kolonel Kris Quantin (École royale militaire belge). Fondé sur une double sécurité contre les périls intérieurs et extérieurs et la valeur militaire des unités engagées au front, ce court métrage fait mention des lieux, des événements et personnages. Mardi 11 mai 2021, en visioconférence à laquelle ont participé 63 personnes dont le journaliste d’investigation Nicaise Kibel’Bel Oka depuis la ville de Goma au Nord-Kivu, les 75 ans de la Force publique recadrée dans le contexte de l’époque abordent différentes facettes de cette force dans ses joyeuses grandes incertitudes. De la composition ethnique des unités et de leurs casernements dans des milieux éloignés des leurs, tout a été passé en revue. En 1940, sans le Congo, la Belgique n’était rien et c’est avec le Congo que la Belgique renaissait. La Force publique misait sur l’aspect logistique dans l’effort de guerre avec 240 mille porteurs. Elle a réussi à défaire la campagne arabe. En 1960, la Force publique comptait 26 mille hommes encadrés par 1àà » Belges. Parmi la ribambelle de questions, deux questions du journaliste Nicaise Kibel’Bel Oka aux orateurs conférenciers et au général de Brigade de l’armée congolaise Eva Kakule Somo. Primo, Quels accords en terme de compensation ont lié la Belgique aux États- Unis concernant le Congo Belge ? Parlant de compensation, Kris Quantin a déclaré que le gouvernement belge était très réticent par rapport à la Grande Bretagne et aux États-Unis craignant qu’ils puissent mettre la main sur le Congo. C’est en 1941-1942 que la Belgique fait appel aux Etats-Unis lors des opérations en Abyssinie notamment en ce qui concerne les moyens de transport mais aussi dans la dimension . Car les États-Unis craignaient que l’uranium du Congo tombe dans les mains des communistes. La récompense des États-Unis à la Belgique mais également au Congo fut la dotation d’un réacteur nucléaire à des fins éducatifs à l’université Lovanium. Le bénéfice était assez maigre. Ce qui faisait du Congo la première puissance nucléaire en Afrique. Les États-Unis exigeaient le monopole de la fourniture de l’uranium du Congo avant de fermer la mine en 1960. Les Américains traitaient directement avec les autorités de l’Union Minière du Haut Katanga (UMHK). Le Katanga prit tout d’un coup une importance cruciale dans le cadre de la guerre froide. En 1960, l’on constate que la mine est épuisée. Secundo, « Général Eva Kakule Somo, selon vous, la Belgique s’est-elle découragée depuis les querelles avec Mobutu ou elle est tout simplement dépassée par la géopolitique actuelle de la région des Grands Lacs par rapport à ce que d’aucuns considèrent comme un abandon par elle de la RDC ? »

Le général Eva Kakule Somo a remonté l’histoire tumultueuse des relations belgo-zaïroises depuis 1960, la zaïrianisation et autres. Toutefois, il faut lire les relations entre nos deux pays avec de nouvelles lunettes face à une nouvelle génération qui n’a pas connu le passé colonial. La Belgique et la RDC tentent de renouer mais la montée des sentiments nostalgiques freinent cette coopération. Il y a aussi le manque d’informations sur le patrimoine historique commun ajouter à cela la présence d’autres acteurs qui se sont invités à la table pour écarter la Belgique. A la question de savoir si la Force publique peut être considérée comme un modèle aujourd’hui. Dans l’affirmative, on devrait s’inscrire dans la continuité bien que l’instabilité dans les relations belgo-congolaises n’a pas beaucoup aidé notamment du point de vue strictement politique où la Belgique n’a jamais réussi à asseoir une coopération stable. Or, la stratégie belge de l’époque fut de développer militairement le Congo notamment à travers un réseau de communication très performant entre différentes unités. La visioconférence sur les 75 ans de la Force publique fut organisée par Mémoires du Congo sous la modération de Marc Georges. Une trentaine de questions furent posées aux quatre orateurs qui se relayaient dans leurs réponses.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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