Balkanisation de la RDC? Mythes et Réalités

Balkanisation de la RDC? Mythes et Réalités

L’ouvrage écrit par le spécialiste des questions géopolitiques et géostratégiques de la région des Grands Lacs africains, le journaliste Nicaise Kibel’Bel Oka pose la problématique des conflits interminables qui se nourrissent des tensions inter communautaires dans l’est de la RDC. Au demeurant, ces folles idées d’un Congo trop grand et ingouvernable qu’il faille le découper pour qu’il cesse d’être le ventre mou de la région des Grands Lacs africains. Pour certains, il faut revisiter les tracées de frontières de Berlin et  en appeler à Berlin II. Pour d’autres, ce pays aux multiples ressources naturelles au cœur de l’Afrique, poumon de l’économie mondiale, ne peut s’autodéterminer de peur de voir son peuple priver l’humanité de la manne divine . C’est pour quoi il faut maintenir son élite dans une sorte de sommeil cataleptique, dans une sorte de légèreté abyssale le traînant ça et là et faisant d’elle la risée du monde pour garder le Congo intact et qu’il profite aux charognards. Pour d’autres encore, il faut procéder par l’essaimage des populations étrangères d’origine rwandaise afin de peupler les espaces vides. De la sorte, on baisserait les tensions ethniques Hutu-Tutsi dans les collines du  Rwanda et du Burundi pour une paix de cimetière. Dans tous ces laboratoires, la sauce est malaxée avec la complicité de certains congolais qui animent des milices ethniques sans trop saisir les contours des enjeux sur leur pays. Des dizaines de seigneurs de guerre communautaires disparaissent tous les 5 ans pour laisser la place à d’autres, dans le même style. Justifiant l’injustifiable derrière le slogan bien maîtrisé de la préservation des terres ancestrales contre l’envahissement des Banyarwanda, ils sont des sous-traitants des courtiers occidentaux qui agissent à visage découvert à travers des ONG et des agences des Nations-unies/MONUSCO. Des rapports mensuels, semestriels et annuels sont produits qui s’attaquent aux forces de défense et de sécurité mais jamais aux vendeurs d’armes. Aucune traçabilité sur les armes qui entrent au Congo. Ces rapports qui jettent le discrédit sur les forces de défense et de sécurité et qui affaiblissent notre armée sont applaudis par une classe politique incapable de discernement et par une société civile qui attend tout de l’Occident.

Il s’observe un développement déséquilibré entre l’est et l’ouest, un développement antinomique entre des régions où il y a moins de violence et des régions à forte dose de violence où des projets de toutes sortes voient le jour et accompagnent l’enrichissement scandaleux de certains et l’insécurité. Le paradoxe d’un pays où dans la capitale, on danse et à l’est, on s’enrichit sur le sang des populations civiles innocentes.

Dans ce piège tendu aux Congolais et dans lequel ils sont effectivement tombés, il s’observe notamment à  l’est le regain de tribalisme, de xénophobie et la propension à se faire assister des ONG étrangères qui leur apprennent comment haïr les services de défense et de sécurité.

Cet ouvrage dont l’intérêt se trouve dans cet appel singulier à la prise de conscience patriotique montre avec des preuves incroyables que la fameuse balkanisation se fer avec ou sans les Congolais dans la mesure où toute la société congolaise a été atteinte, en commençant par l’Église. L’on peut observer comment, dans ce Congo, personne ne fait confiance à personne et comment à la veille de chaque événement marquant un tournant décisif de l’histoire, les Congolais se déchirent, prenant la communauté internationale à témoin, jusqu’à rater les opportunités. Des exemples sont exploités et référencés depuis le conflit Éthiopie- Érythrée (les frères ennemis), la Somalie, le Soudan, le Rwanda à qui Américains, Britanniques, Israéliens font jouer ce jeu dangereux auquel ses dirigeants actuels ont pris goût. Déverser les populations Hutu étiquetées « génocidaires » sur des espaces au Congo (Kivu et Ituri) pour rééquilibrer la distribution de l’espace vitale entre éleveurs et agriculteurs ne saurait être la solution à tant de violences réelles et artificielles qui germent dans des laboratoires en occident. Car, bien avant existait la cohabitation inter communautaire dans la région sans trop de violences.

Préfacé par Didier Mumengi avec des termes de rappel patriotique et postfacé par le professeur Cyril Musila qui s’est illustré dans la géopolitique de la criminalité transfrontalière en Afrique et qui dirige le département des stratégie au CHESD, cet ouvrage convie les lecteurs à un examen de conscience pour mettre en échec ce plan de balkanisation de la RDC. Il est recommandé à toute l’élite mais également aux jeunes dans les écoles à comprendre le danger qui guette la république dans les limites de ses frontières héritées de la colonisation. Il faut le lire et s’en approprier le contenu.

Justin Honlay

Les Coulisses

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