A mon frère dans l’islam. Du jihad et de la mort du cheikh Ali Amin de Beni.

A mon frère dans l’islam. Du jihad et de la mort du cheikh Ali Amin de Beni.

(Beni. L’Imam Amuli Banza Souleymane alias Bonge la chuma comparaît devant la Cour militaire opérationnelle. Archives les Coulisses).

Amuli Banza Souleymane fut Imam à la mosquée de Katindo/Goma. Il fut envoyé à Mombasa pour approfondir la connaissance du Coran. A son retour, son ami Aboujihad le contacta pour rejoindre les ADF/MTM. Arrivé à Madina, il fut soumis à un exercice de partage sur le Coran au bout duquel les jihadistes conclurent  : « Tu n’es pas un vrai musulman. Tu n’as jamais coupé la main à des voleurs alors qu’à Goma, on les trouve partout, ni fait lapider des adultérins. Tu enseignes et n’appliques pas le Coran. Un vrai musulman applique à la lettre le Coran et la Sunna. »

Samedi 1er mai 2021, Cheikh Ali Amin Ousman est assassiné par des terroristes islamistes dans la mosquée. Cet odieux acte porte la signature des MTM en application du jihad armé. Il a été accusé de prêter la main aux Kafri. Selon eux, par son comportement, il adultérait la croyance, détruisait l’islam et ruinait la soumission à Allah. Voilà pourquoi il était la cible licite (halal), une cible légitime du jihad. Les jihadistes de MTM avaient exigé du Cheikh Ali Amin, se référant au «  al wala w-l bara’ », la dissolution de tout lien avec les Kafri. Car, « al wala w-l bara’ », définition canonique de l’identité musulmane, intime à tout vrai Musulman de ne donner sa confiance et son amitié qu’aux musulmans et de refuser celles des Kafri. Et la Sourate 51 « La Table servie » dit ce qui suit : Ô vous qui avez la foi, ne prenez pas les juifs et les chrétiens comme amis. Ils sont amis entre eux, et quiconque d’entre vous se lierait à eux, il est l’un d’eux (fa innahou manhum). Si les musulmans ne rompent pas tout lien d’amitié ou de confiance (bara’) avec les impies, s’ils s’allient à certains d’entre eux, pour protéger par exemple, leurs intérêts immédiats, l’islam est en péril. » C’est ici qu’il faut comprendre cet impératif de rupture, utilisé pour empêcher l’adultération du monde de l’Islam. Les fondements islamiques de cette doctrine (de la fidélité et de la rupture) trouvent la réponse dans le jihad exacerbé dans le terrorisme. Il n’y a pas de place à la tolérance surtout envers les « mauvais musulmans » apostats et autres hypocrites. Les jihadistes de MTM avaient déjà classé Cheikh Ali Amin dans cette catégorie de « mauvais musulman ». Par conséquent, il devait mourir. C’est ce qui lui est arrivé.

De nombreuses réactions sont tombées à notre Rédaction nous rappelant que le Prophète avant de mourir a dit : « Je vous laisse le jihad pas pour vous battre mais combattre votre âme de laisser le Mal pour le Bien. Qui tue une âme innocente a tué l’humanité. » D’autres nous ont envoyé des Sourates puisés du saint Coran (notamment 49, verset 11, 12 ; Sourate 3, verset 134, Sourate 6, verset 152 ; etc.) D’autres encore nous répètent à l’envi qu’un Musulman ne peut en aucun cas prendre l’alcool ni manger le porc.

Dans un État laïc régi par la Constitution comme la RDC, tous les citoyens sont égaux devant les lois. Les musulmans comme les chrétiens ou les athées y compris. On ne coupe pas la main du voleur. La justice s’en occupe. Mais ici, il s’agit du jihad armé, de ce que les islamistes croient être leur État, Madina at Tauwhed Wal Muwahedeen, qui doit être régi par la « Chari’a », la Constitution de l’islam. Et chacun a l’obligation au jihad armé et/ou de défense (fard ‘ayn). La place qu’occupent des châtiments corporels « la part d’Allah » sépare Dieu des humains et constitue une créance d’Allah qui ne se discute, ni ne se monnaye. Comme les infidèles, les apostats et les «  hypocrites » de toutes sortes doivent faire l’objet d’un jihad sans merci jusqu’à leur soumission à l’Islam ou leur extermination. Cheikh Ali Amin Ousman a vécu des frustrations inimaginables les derniers instants de sa vie. Il connaissait le Coran et il savait ce que les menaces lui envoyées signifiaient. Condamné à l’avance à mort par les jihadistes de MTM, il lui était interdit d’en parler aux Kafri (l’Auditorat militaire). Il a vécu les derniers moments de sa vie dans le silence et la prière, se préparant à mourir. Quant à la consommation de l’alcool et de la viande de porc, la réponse peut être trouvée dans la taqiyya (ruse et/ou dissimilation). La taqiyya est une alliance de façade destinée à infiltrer l’ennemi en adoptant les mêmes habitudes que lui pour que la Communauté puisse, le moment venu, lorsqu’elle s’en sentira capable, déclencher le jihad sans état d’âme. Ceux qui boivent l’alcool sont en mission commandée et Allah tient compte de la justesse de leur mission et absout leurs péchés s’ils meurent pour la grandeur de l’islam. Ce sont, malheureusement, les deux facettes de l’islam, la vôtre et celle qui brandit un drapeau noir. Les islamistes pensent que « Par dessus tout, les fondements et les sources de l’islam proviennent du livre d’Allah ( le Coran) et de la Sunna du Prophète » (Frères musulmans). Pour l’ayatollah Ruhollah Khomeyni « L’islam n’est pas une religion des pacifistes. Ceux qui étudient le jihad savent que l’islam veut conquérir le monde entier »  Et il ajoute : « Ceux qui ne connaissent rien de l’islam prétendent que l’islam désapprouve la guerre. Ceux qui disent cela sont sans cervelle. » Said Qotb définit le jihad : «  Un moyen d’établir l’autorité divine dans la patrie de l’islam pour qu’elle devienne le QG du mouvement de l’islam qui doit ensuite être propagé à la surface de la terre et vers l’ensemble de l’humanité puisque cette religion s’adresse à toute l’humanité et que son champ d’action est la terre tout entière. » L’islam a grandi dans le sang. Ayman al Zawahiri est formel : « Un mouvement de jihad se doit de posséder une zone qui agirait comme une couveuse où ses germes pourraient grandir et où il pourrait acquérir une expérience pratique du combat, de la politique et de l’organisation. »

A toi mon frère dans l’islam, et tous ceux qui doutent de l’identité de l’assassin du Cheikh Ali Amin comme de celle qui massacrent dans Beni contre qui les FARDC se battent, je n’ai que de bribes connaissances, somme toute insuffisantes, de l’islam et du Coran qui m’aident à percer le mystère de la nébuleuse ADF/MTM aujourd’hui épicentre avec al Sunnah du Mozambique de la province Afrique Centrale de l’État islamique (IS-CAP).Rassurez-vous tous, le rôle du journaliste d’investigation qui est Kibel’Bel Oka n’est pas de chercher à avoir raison mais de présenter les faits, rien que les faits passés au peigne fin. Avec rigueur et objectivité. Et ces faits sont vérifiables et avérés. Cheikh Ali Amin Ousman a été tué par les jihadistes de MTM et il savait qu’il serait assassiné.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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