7 ans d’alerte sur la présence des islamistes MTM et de Sukola I à Beni.

7 ans d’alerte sur la présence des islamistes MTM et de Sukola I à Beni.

(Beni. Rock Hôtel. 12 janvier 2014, le journaliste Nicaise (tenue civile) explique à l’État-major FARDC la vraie identité des ADF).

« Général Bauma, dites-lui, on en finit avec ces Ougandais dans combien de temps ? », demande de sa voix puissante le CheFemg Didier Etumba. Général Bauma : « ChefEmg, tout au plus 6 mois et on ne parlera plus d’eux. » -Nicaise, tu as bien compris ? 6 mois et on rentre à Kinshasa. « Svp mon général, mes respects. Je vous donne au moins 3 ans », réagit le journaliste Nicaise. C’est sur ces entrefaites que l’échange sollicitée par le journaliste Nicaise Kibel’bel Oka ce 12 janvier 2014 auprès de l’État-major FARDC au Rock Hôtel de Beni se clôture. Comme le montre cette photo, le journaliste Nicaise (en tenue civile) explique l’identité de l’ennemi au ChefEmg Didier Etumba, entouré de 7 généraux dont Dieu-donné Amuli, Lucien Bauma, Akili Mundos : terroristes islamistes. Les FARDC venaient avec leur conception de la guerre classique pour frapper et anéantir les fameux ADF. L’armée loyaliste ne connaissait pas l’identité de l’ennemi et surtout n’était pas dans la logique de la guerre asymétrique. 6 mois d’offensive (artillerie lourde et bombardements), le général Bauma déclare la fin de la guerre le 5 juin 2014 à l’hôtel Albertine. Il va même jusqu’à estimer l’effectif des ADF qu’il évalue à une cinquantaine. La fin des opérations intervient sans avoir détruit ni récupéré le dépôts d’armes des ADF. Sans avoir capturé leurs chefs. Sans avoir découvert de nombreux bunkers servant d’abri et de cachette de l’ennemi. La découverte et la prise de Madina ainsi que la libération de près de 600 otages font croire au duo Bauma-Mundos que la guerre est terminée. Que l’ennemi est vaincue. Or, l’ennemi qui s’était caché pour échapper aux bombardements a eu le temps de se réorganiser durant les 3 mois. En octobre 2014, l’ennemi déplace le front de la forêt vers les agglomérations habitées. Il évite complètement les FARDC et commence la sale besogne : les massacres des populations civiles. La délocalisation du front de la forêt vers les agglomérations habitées répond de la stratégie même de la guerre asymétrique mais également donne aux ADF un moyen de desserrer l’étau autour d’eux. La forêt constitue en même temps leur survie en nourriture (avec des champs) et en idéologie (comme le Prophète à Médine). Maisaussi à punir la population qui l’aurait trahi. Comme on peut le constater et contrairement à des gens qui ont montré leur ignorance doublée de leur mauvaise foi, on peut noter ce qui suit. 1 . le général Bauma n’avait jamais terminé la guerre contre les ADF. 2. le colonel Mamadou n’avait jamais participé à cette guerre. 3. Le bataillon commando qu’il commandait (URR) dont le commandant était le général Kalonda Famba secondé par le colonel Eva Kakule Somo avait été relevé aussitôt que le colonel Mamadou fut tué. 4. Le duo Bauma-Mundos a libéré plus de 600 otages (dont Chantal de MSF)et a capturé une centaine des jihadistes (dont l’ex imam de la mosquée de Katindo/Goma formé à Mombasa, Amuli Banza Souleymane alias Bonge la Chuma par Mundos) transférés à Kinshasa et qui ont constitué la sève du procès de la Cour militaire opérationnelle en foraine à Beni. 5. Le duo Bauma- Mundos a découvert que les ADF n’étaient plus des rebelles ougandais de départ mais constitués de nationalités diverses unis par la chari’a (tels les Fiston Muhehwa, Amadi Shabani Okapi et autres qui avaient largué des bombes sur la ville de Beni). 6. Qu’ils se recrutaient dans la population locale (nande, mbuba, pakombe, talinga), dans le reste du Kivu et dans les pays voiisins. 7. A la mort du général Bauma et bien après, dans sa mutation, l ADF a adhéré à l’État islamique et constitue désormais avec Al-sunnah au Mozambique la Province Afrique Centrale de l’État islamique (IS-CAP). 8. Le MTM a coalisé avec les milices maï-maï contre les FARDC.

Sept (7 ans) après, l’on ne peut que s’étonner de l’ignorance doublée de la mauvaise foi de certains compatriotes notamment du Grand Nord qui nient l’existence de MTM. 7 ans après dans une guerre qui a fait au bas mot 5 mille morts dont (près de 2 mille FARDC), l’on ne peut que s’étonner de la fascination admirative qu’ont certains compatriotes du Grand Nord jusqu’à la paranoïa pour le Rwanda. Jusqu’à imiter le Rwanda en voulant coûte que coûte proclamer le « génocide » des Nande comme celui des Tutsi. Comme si le reconnaissance d’un génocide était un grade ou une clé pour le paradis. Même alors que dans le territoire de Beni, il y a au moins 4 communautés ethniques. Qui tue à Beni ? Ils répondent : le Rwanda et Kabila. Qui tue à Beni ? Ils répondent : les FARDC et la MONUSCO. Qui a tué le père Machozi Vincent ? Ils répondent : le Rwanda. Pourquoi le Rwanda ? Il envie nos terres. Curieusement, dans cette fascination admirative du sujet rwandophone, l’homme politique du Grand Nord n’a pas d’égale. Quand il a été question de l’APC/RCD/K-ML, la sécurité de Mutwanga était confiée aux Rwandophones. Quand il s’est agi de barrer la route à Roger Lumbala, c’est encore aux Rwandophones que l’APC a recouru avec le général Kakwavu avant qu’il ne s’installe à Aru. Quand il s’est agi du CNDP, on a retrouvé des cadres du RCD/K-ML en coalition avec les Rwandophones. Récemment en 2012, les ex-APC étaient dans la coalition avec le M23. Comment expliquer qu’on coalise avec ceux qui nous tuent ?

Voilà 7 ans que cette thèse du jihad armé est torpillée. Ils ne se rendent pas compte que tous ceux qu’ils avaient manipulés les ont abandonnés à mi-chemin. Voilà 7 ans que la guerre contre le terrorisme dure avec des dégâts humains et matériels inimaginables. Ceux qui nient l’existence de MTM soufflent le chaud et le froid. Lorsque l’on n’adhère pas à leur thèse, on est diabolisé et accusé de ne pas aimer la communauté. Dans l’entre-temps, le conflit s’est métastasé avec l’appui des maï-maï. Malgré cela, ils appellent la population à l’auto-prise en charge. Que disent-ils des maï-maï ? Rien. Dans ces conditions, on ne peut pas gagner la guerre asymétrique. Mais eux ont une recette : un commandant originaire à défaut du ministère de la Défense. On s’enlise. S’enliser signifie connaître plus de pertes en vies humaines. A cause de vendeurs d’illusion sur la négation du terrorisme islamiste, les FARDC ont perdu la bataille des cœurs et des esprits de la population. Fatshi, ce qui se passe à Beni relève du terrorisme islamiste avec des connexions dans certains pays d’Afrique. Qu’on ne vous distraie pas. Équiper les FARDC des moyens conséquents pour mettre fin à ce calvaire et barrer la route à ceux qui rêvent d’un Congo balkanisé. Le moment venu, je demanderai la décoration nationale ensemble avec les vaillants FARDC qui se sacrifient au front pour libérer notre pays de l’obscurantisme.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Les Coulisses

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